21.10.2007

LE VIGNOBLE DE CLOCHEMERLE

Le vignoble et les vignerons de ClochemerleUne série de photos à voir dans l'album

La coopérative des vignerons de Clochemerle
Le Caveau de Clochemerle
Construction du Caveau – Cl. Puillon
Le Caveau en 1991
La porte du Caveau en 1991

A l’intérieur du Caveau, nous pouvons admirer comme dans un musée différents tableaux illustrant le roman de Gabriel Chevallier. Ces dessins humoristiques réalisés à différentes époques par le dessinateur humoriste, Paul Dufour, sont changés régulièrement et présentés par thème ou par époque. Une série complète représente des personnages du roman sous les traits d’habitants de Vaux contemporains.

La Confrérie des Gosiersec ( photo N° 3 )
Il faut la voir vivre et chanter, lorsqu’elle se déplace en France ou à l’étranger et surtout lors des intronisations des nouveaux amis. Cette grande fête a lieu le 1er dimanche de février à l’occasion des fêtes de la Saint-Vincent.
Les frères portent la livrée ancienne des maitres-vignerons (tenue du dimanche) : pantalon de coutil, sabots, chemise blanche, tablier noir et canotier ; En plus du foulard vert (couleur du Beaujolais), le jaune du cordon du canotier évoque la couleur de Clochemerle.
La confrérie groupe autour du doyen, le gardien de la charte, le porte drapeau, le porte serment, le porte broc, etc.… tous choisis parmis les frères.

Les Gosiersec fin des années 60

Intronisation de Mme Chevallier le jour de l’inauguration de la peinture de Justine Putet sur la pissotière n°3 (Photo)

Extrait d’un article de journal non identifié
Un jour, il y a bien longtemps, une véritable manne s’est abattue sur le beaujolais : la vigne ; Cela fit dire à Edouard Herriot : « Ce n’est pas une pomme qui a tenté la première femme, c’est une grappe de raisin beaujolaise. Comme je l’excuse et la comprend ! … »
Strabon géographe romain, avait pourtant décrété que le sol étant trop lourd au nord, la vigne ne pourrait pas mûrir.
C’était sans compter sur le caractère indépendant des Eduens, cette tribu gauloise, ancêtre des vignerons du Beaujolais . Bien que soumise à Rome, elle n’en continua pas moins une tradition viticole dont les origines remontent au 1er siècle de l’ère, pas moins.
Cette prédiction du romain aurait bien fait rigoler les Clochemerlins qui ne connaissent rien de meilleur que le délicieux nectar de leurs vignes.
Comme le curé de Cucugnan, celui de Clochemerle a fait la gloire du pays. Clochemerle, vous vous souvenez ? Cette paisible bourgade viticole du fin fond du Beaujolais que l’inspiration truculente de Gabriel Chevallier faillit, un instant faire sombrer dans d’abominables dépravations babylonniennes.

Restait à vérifier l’authenticité de Clochemerle. « C’est nous ! » affirmèrent les vignerons de Vaux –en Beaujolais. « Non, c’est nous ! » répliquèrent en écho ceux de Juliénas ; « Heu !.. » rétorqua l’auteur. Qui donc avait inspiré Gabriel Chevallier ?
Guéguerre de clochers, querelles épiques, procès mouvementé, rien ne manqua. Vaux, seul à posséder dans son dossier « d’authentique « pissotière face à l’église, fut reconnu, après expertise, par de sérieux magistrats, dignes du nom de Clochemerle.
En général, les communes ne sont pas particulièrement fières de leur surnom. Ici au contraire, c’est la gloire. On en rajoute même. Au point que le roman a donné d’autres dimensions à la vie quotidienne ; On se sent pris au jeu, on est Clochemerlin.
Il y a une grande rue à Clochemerle, elle monte sur la colline, elle accompagne, elle tourne avec les maisons. Elle vire, grimpe, passe devant le bureau de poste, la célèbre église du curé Ponosse, la place de la mairie ou rode l’ombre de Piechut, et puis se perd dans les vignes. Mais toutes les ruelles de Clochemerle conduisent « au monument », la pissotière, à quelques mètres seulement du caveau de dégustation. C’est la qu’on vient tirer la pellicule ou vider les trop-pleins ingurgités au cellier.
Lorsqu’on sort de la cave, c’est presque toujours en rase-mottes. Et ça presse !
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Il raconte la réception au caveau de personnalités du service des PTT de l’époque.
Pour « Poste et télécommunication », il y a tout le gratin. Le maire, des notables, le receveur des postes, et les trois mousquetaires de service. Antoine Balandras, Louis Colliard et Joanny Reynars : « Le Toine », « Le Louis », « Le Joanny ». Tous trois sont facteurs. Ca ne se voit pas trop. Ils sont également vignerons et ça, on le remarque. Ici on ne connaît qu’un seul travail, la vigne. Turbulents, le verbe haut, ils semblent tous trois sortis du roman. Derrière le comptoir il y a la femme du Joanny, Céline. C’est elle qui s’occupe du caveau. A la voir causer avec ces vignerons brûlés de soleil, on dirait une grappe de raisin blanc parmi les sarments. On n’a pas attendu notre arrivée pour déboucher les bouteilles .Les verres étaient pleins, bien avant les politesses. Le beaujolais, vous rappelle-t-on, est un sacré bon vin qui ne fait jamais de mal. Plus on en boit, plus on trouve sa femme gentille, ses amis fidèles, l’avenir encourageant et l’humanité supportable. On boit et on cause. On remet ça et on cause plus fort.
« La grêle nous a abîmé une bonne partie de la récolte. On a été cinq fois sous le robinet. Heureusement ce qui reste sera bon ; On fera pas du vin de parisien ». Nous dit dans un clin d’œil le Joanny à la lèvre gourmande.
Entre temps nous descendons plusieurs coups de « paradis », le vin nouveau, issu de la première presse. Du miel ! D’autres pots sont annoncés. C’est la dose réglementaire en Beaujolais ; quarante six centilitre ! Dans les banquets ou les commandes au mètre.
« Nous faisons du primeur ; En principe il ne fait pas ses paques. Sitôt vendangé, sitôt tiré, sitôt bu, sitôt pissé », lance en frappant sur son ventre confortable le Louis pétant de santé.
Un vin à vous faire le gosier en entonnoir. Il en sait quelque chose lui, l’éminent compagnon de la confrérie bachique locale du Gosiersec. (Groupement des Organisations Sociales Intellectuelles Educatives Récréatives Sportive et Culturelles), précise M. de Vermont, doyen de ce docte collège. Ce vin jeune et gai déteint forcément sur le caractère des gens. Tributaire de leur popularité, les Clochemerlins ont gardé le sens de la bonne vieille gaudriole ; Les scientifiques de l’érotisme, de Copenhague ou d’ailleurs, auraient tout avantage à venir y réapprendre comment trousser une jeune beauté callipyge au moment des vendanges.
« On aime bien les bonnes petites « tapanas », les belles parties de rigolade entre amis. Il y a un noyau, ici, qui va bien » nous dit le Joanny en remplissant pour la énième fois notre verre.
Il faut dire que la télé n’a pas encore éteint le village « le monde entier vient nous voir » entend-on proclamer fièrement. Après tout, Clochemerle n’est ce pas l’humanité moyenne ?
Pour soigner la vigne avec autant d’attendrissement, le clochemerlin ne doit pas avoir l’esprit distrait par d’excessifs soucis métaphysiques. Il pense au vin, il rigole et c’est tout. Une joie de vivre au jour le jour, telle que le symbolise le « Toine »,le facteur-garde-champetre aux mains si larges que quand il fait une coinchée, on croit qu’il n’a pas de cartes dans les mains. C’est un peu la vedette. Pensez, il a inspiré les artistes. C’est lui qui sur les pancartes indique le chemin du Cellier.
Le matin il enfonce sa casquette, toute droite sur les oreilles, la visière au ras des sourcils et elle ne bronche pas jusqu’au coucher. Elle fait partie de sa tête au même titre que ses yeux et sa bouche. En tant que garde champêtre, il est le gardien du « monument », la pissotière communale, lieu de tous les pèlerinages touristiques, pieusement entretenu par la municipalité. Par respect du patrimoine, on dit même que les Clochemerlins utilisent plus volontiers les arbres…
De quoi faire retourner la Jeanne dans sa tombe. Jeanne Putet, cette pytonysse pessimiste prédisant à Clochemerle la fin de Sodome et dont on se demande, ici, si finalement elle n’a pas existé. Il est vrai qu’à force de renseigner les visiteurs sur la demeure où elle est censée avoir habité on s’en persuade. Et puis il y a la nouvelle, les anglais vont venir filmer pour la BBC ? Voila Clochemerle qui inspire les sujets de sa gracieuse majesté !
Ca c’est quelque chose ! La truculence et l’humour, une union qui annonce de beaux lendemains. Et on ne leur en voudra pas cette fois si, pour les besoins du scénario, ils font un sort à la Jeanne.
Effet de la fécondité de ses habitants ou du tourisme, Clochemerle se repeuple. Les jeunes se fixent et reprennent le flambeau. Il y a pourtant un problème : tous ces étrangers qu’il faudrait pouvoir loger pour devenir une station touristique.
« On cherche une émule d’Adèle Torbayon » nous confie le maire.
« Notre café-tabac-casse-croute ne suffit plus, il nous faut un hotel- restaurant pour accueillir les touristes ».
Ils n’attendent que cela, pensez, avec un vin pareil ! » surenchérit le Joanny.
Et de nous entraîner dans un der de der au « Riquiqui », leur fameux coup de garçe, qui donne au visiteur un indicible mal du pays ….

Article paru le 21/07/92, sous le titre « Vaux en Beaujolais , un retour aux origines »
A mi-chemin entre Lyon et Macon, Vaux doit sa renommée à la qualité de sa production viticole dont on dit que la première plantation eut pour origine l’arrivée des moines de Cluny au hameau de Montmain.
Les 570 hectares de vignoble exposés sur des terrains granitiques donnent des vins de saveur très fruitée au bouquet pénétrant.

Vendanges en 1964 ( photo N° 4 )

Le beaujoalais nouveau est promu par les Gosiersec

Extrait d’un journal du 21/11/92 « La fête des maires »
A Paris, plus qu’ailleurs l’arrivée du Beaujolais nouveau est un rendez-vous immuable que beaucoup de « pisse-froid », « pisse-vinaigre » et aussi excusez nous, chers confrères , de « pisse-copies » s’escriment vainement à vouloir démolir en lui reprochant cette médiatisation qu’ils entretiennent eux-mêmes. Fi des esprits chagrins, le beaujolais primeur 92 est parti avec un départ en panache de la mairie du 8eme. Le premier maire et maître de céans , M.François Lebel, adjoint au maire de Paris et maire du 9 ème qui a reçu notre délégation beaujolaise composée des responsables de l’U.I.V.B et des artistes locaux.
Le deuxième maire est celui de la capitale du Beaujolais, venu encourager les troupes beaujolaises.
Le troisième maire est Raymond Philibert venu avec le Gosiersec de son célèbre village de Clochemerle.
Le quatrième maire est l’ex-premier ministre Jacques Chirac . Gérard Canard a défini le beaujolais nouveau comme friand aux aromates de fraises et de framboises, contrastant avec les parfums de cassis de l’an dernier. Jean-Jacques Pignard a déclaré ce gai beaujolais comme devant être reconnu d’utilité publique.
Jacques Chirac a surenchéri en remerciant pour cette occasion, de sortir de la morosité ambiante en apportant un peu de bonne humeur. Remerciant les maires présents ainsi que Francis Perrut, l’ancien premier ministre a tenu à rendre hommage à ce vin qui réjouit les cœurs, l’estomac et donc l’esprit.
Sur ces déclarations du premier magistrat de Paris, le beaujolais a pu envahir les rues de la capitale.

15.10.2007

ANECDOTES ET FOLKLORE - VAUX EN BEAUJOLAIS

Gambetta et son ballon montgolfière au Chatel

Je vous propose de l’écouter, de tout cœur, en toute joie, Leon Foillard ne fut pas seulement le « père du Beaujolais » il en fut aussi la voix, la grande voix truculente et poétique qui savait comme nulle autre raconter des histoires.
Vaux en Beaujolais, l’un de nos plus pimpants villages et aussi le plus étendu de la région…Son territoire tourmenté, mamelonné, allait depuis la crête des sapinières de la pyramide, à mille mètre d’altitude, jusqu’à la vallée ou court la Vauxonne parmi les vignes, vers le pont Mathivet, c'est-à-dire là ou commence le royaume du bon Claude 1er, cousin germain du roi Pusole. Depuis 1890, la séparation a fait de ce grand pays, deux tronçons couverts en principal de vieux ceps : Vaux et le Perreon.
Or donc, au début d’octobre 1870, Gambetta fut chargé par le gouvernement de la défense nationale d’aller organiser, en province, la résistance à l’envahisseur, et le 7 du mois, il prenait place dans la nacelle de « l’Armand Barbes » pour traverser les lignes Prussiennes qui encerclaient la capitale. L’annonce de ce départ héroïque, dans un ballon livré aux caprices des vents, causa une grande émotion à travers la France. Tous les bureaux de poste avaient reçu un télégramme transmis à l’autorité locale et ou étaient prescrites les mesures à prendre en cas d’atterrissage du ballon gouvernemental.
Aussi chaque province, dans chaque village, de jour et de nuit, on se mit à interroger, à l’œil nu et avec des lunettes d’approche, l’espace céleste environnant, avec la secrète espérance de voir passer et peut-être s’arrêter celui qui avait emporté dans son frêle esquif aérien le suprême espoir, la dernière carte de la patrie. Le 8 octobre au soir, de gros nuages chargés d’eau couraient, poussées par la « traverse » au-dessus du Beaujolais. Une pluie fine et froide tombait par intervalle. Les principaux habitants du bourg de Vaux s’étaient réunis au café-restaurant-hotel Saint-Martin, proche de la vieille église romane. Autour de M.Lapone, maître de céans et maire, on parlait de la tristesse des temps, on évoquait les enfants du pays partis aux armées. Et les pots qui se succédaient pourtant à un rythme accéléré, n’arrivaient pas à dérider les fronts, ni à dissiper l’inquiétude générale.
Tout à coup, le boulanger Berrerd, en tenue de travail, le « Fedo » maculé de pâte, la poitrine velue à moitié nue, entre en coup de vent et s’écrie :
Je craille bien que dzlai viu.
Et il explique avec volubilité qu’au milieu de nuages, une masse plus sombre, énorme, ronde, paraissait filer du coté du Chavel. Qu’avait-il aperçu, ou cru apercevoir ?
Chacun le devine : le célèbre ballon de Gambetta. On se précipite dehors pour inspecter le ciel, ou seules apparaissaient les formes changeantes des fuyantes nuées. Les avis se partagent sur la vision de Berrerd qui pourtant répète inlassablement pour mieux se convaincre lui même :
« Dze ve die que dzé lé viu. »
Au point que les plus sceptiques finissent par être ébranlés, et c’est dans cette fièvre qu’on attendra les nouvelles qui doivent les jours suivants, faire connaître la direction et le sort du ballon objet de toutes préoccupations. M.Lapone promit, avec toute l’autorité de sa fonction, d’aller aux renseignements le lendemain à la sous-préfecture de Villefranche. Il allait entrer sentencieusement dans des considérations sur l’aérostation, lorsque la femme du boucher fit irruption dans la salle du café en criant qu’on voyait un grand feu sur le Chavel. On se précipite dehors. Les habitants sont déjà rassemblés et se montrent une flamme au sommet du pic qui se dresse à deux ou trois kilomètres à l’ouest du village. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre : Gambetta et son ballon viennent d’atterrir au sommet du Chatel !
Le maire monte sur la terrasse et mettant ses deux mains en porte-voix, il lance, de toute la force de ses poumons, cette phrase historique :
Ne craignez rien, monsieur Gambetta , vous êtes en France !
On organise un groupe de premiers sauveteurs, dont le facteur et le garde-champêtre Carry qui ne blaguait pas avec le service. Ces deux représentants de l’administration se disputaient le commandement, chacun d’eux veut prendre la tête de l’expédition.
Le facteur affirme ses prérogatives :
« Lasso m’don passo devin pusque y est ma dze suis tsargia d’la directrice. »
Le brave facteur, voulait dire « la direction ». Il appuyait ses prétentions sur le télégramme officiel qu’avait reçu Mme Allégatière, l’aimable receveuse.
Le conseiller Salu, qui tient pour Carry rétorque :
« Si c’te directrice t’sargue tin mets la a bo. »
On se met toutefois en route.
Le cantonnier Chamarande qui habitait « de vers le bois », porte, avec les patrouilleurs, les provisions de bouche. Il est en outre armé d’un de ces superbes et immenses parapluies bleus d’autrefois sous lesquels pouvaient s’abriter une famille entière. Vêtus de leurs blouses et coiffés, pour la plupart, des anciens bonnets de coton noir, nos gaillards se dirigent, animés d’un ardeur invincible, vers le sommet ou Gambetta et son équipage attendent du secours.
Dans le village, c’est un remue-ménage général. Le marguillier tire sur sa corde à toute volée comme pour annoncer le retour des cloches de paques ; Partout, les ménagères préparent des repas pendant que les vignerons mettent le guille au meilleur tonneau et emplissent des bouteilles. L’hôtelière, en activant ses fourneaux, interroge anxieusement ses voisins.
Croyez-vous qu’il faudra lui faire payer son souper ?
Personne ne veut prendre la responsabilité de ce règlement. Elle n’en continue pas moins ses préparatifs, avec tos les soins et toute la diligence dont elle est capable. Le saloir, la basse-cour, sont mis à contribution. Un grand feu de bois flambe dans la cheminée de la chambre n° 1, ou les draps les plus fins, fleurant bon la racine d’iris, sont soumis à l’action calorique de la vieille bassinoire de cuivre.
De leur fenêtre, le curé et son vicaire suivent et commencent les événements ; ils se concertent sur le rôle délicat qu’ils auront à assurer. C’est que Gambetta a une réputation de parpaillot bien établie. Voudra –t-il seulement assister à la cérémonie d’actions de grâces, A l’audition du te deum que le sacristain est entrain de faire répéter aux enfants de cœur et aux enfants de Marie ?
Un autre s’avise tout à coup que l’effectif des pompiers de la commune était insuffisant pour représenter l’élément militaire. C’est alors qu’on pense à aller prévenir les fameux pompiers de Saint-Georges.
Le courrier Dumont attelle sa jument grise qui, ventre à terre, s’élance vers la plaine.
Il faut dire qu’à cette époque, la compagnie de Saint-Georges faisait l’admiration de tous les alentours. Elle ne comptait pas moins de cent vingt membres, tous gradés, y compris vingt musiciens. Avec le casque et le plumet, pas un ne mesurait moins de deux mètres. Chaque troisième dimanche du mois, ils faisaient un grand banquet, précédé d’un défilé impressionnant ? Nulle part, si ce n’est à Paris les jours de sortie de la garde impériale, on n’avait vu rassemblés autant de beaux hommes, aussi bien harnachés et bien astiqués. Les mauvaises langues prétendaient que la haute stature des habitants de la région datait surtout de l’occupation autrichienne.
Les sapeurs surtout étaient magnifiques avec leur grande hache de parade, leur immense bonnet à poil ou bonnet oursin, leurs gants de peau de crispin, leur « devant » de buffle blanc.
Malheureusement le courrier de Vaux ne put emporter qu’une promesse évasive. La discorde et l’indiscipline régnaient depuis quelques jours au sein de ce bataillon d’élite sur lequel un sort avait été jeté. Par une coïncidence fatale, ces braves pompiers étaient toujours retenus et empêchées le jour de la manœuvre des pompes. Ils n’arrivaient pas à se réunir au complet que pour le banquet mensuel. Le fait est relaté dans les délibérations du conseil municipal à qui le capitaine rend compte sur le ton le plus amer que cinq pompiers seulement participaient au dernier exercice. On avait même du aller les chercher à domicile et les amener de force. Tous les autres étaient absents et introuvables. Le courrier de Vaux pensa bien aux pompiers de Blacé.
Mais il renonça à ce projet. Il lui tardait de remonter à Vaux ou se préparaient de grandioses réceptions, en effet que cette dernière n’avait pas précisément brillé au point de vue du costume en 1869, à Lyon ; ou tous les pompiers du sud-est avaient été réunis pour la revue passée par l’impératrice Eugénie. Il était un peu inquiet sur la tenue de la compagnie blacéenne « qui certes était une belle femme ».L’uniforme des pompiers de Blacé était alors réduit au sabre, à la blouse et au ceinturon ? Par fierté pour leur village, les femmes décidèrent d’offrir à chacun de leur époux pompier, à l’occasion de la revue de l’impératrice, un superbe pantalon blanc. Une délégation vint acheter de la toile chez un tisserand de Marzé.
La malchance voulut d’abord que les mesures prises avec parcimonie et un peu trop de précipitation, fussent trop exigues. Pendant une semaine, telle des bretonnes travaillant nuit et jour à filer la rançon de Duguesclin, les braves épouses confectionnèrent avec un zèle fébrile les pantalons de leurs pompiers. Elles furent, à la vérité, mal récompensées de leur peine ; Comme un malheur n’arrive jamais seul, on s’aperçut, après le rinçage de ces belles culottes,déjà trop courtes et trop étroites, qu’elles s’étaient tellement rétrécies qu’elles ne pouvaient plus contenir les bedaines et les formes dodues des pompiers vignerons. On élargie le tour de ventre par des « poignards » plus ou moins invisibles, mais les jambes du pantalon, déjà réduites, n’arrivaient plus qu’à moitié du mollet . On partit tout de même à lyon. Ces sortes de pantalon culottes qui tenaient un peu du short et de la culotte corsaire actuelle, intriguèrent beaucoup les lyonnais et l’état-major qui accompagnait la belle Eugénie.
Mais cette histoire s’allonge. Il est temps qu’avec le courrier nous retournerions à Vaux ou les événements vont se précipiter. Les hardis pionniers, le garde Carry en tète, vont découvrir bientôt le sommet du Chatel. L’apparition du ballon et de ses glorieux pilotes est imminente. Quelques pas encore, à travers le taillis et l’on se présentera devant le grand tribun qui, par chance insigne, est descendu dans notre pays de vignes.
Hélas ! Jugez vous-mêmes de leur ahurissement et de leur déception : point de ballon ! Point de Gambetta ! Mais un vieux châtaignier qui se consume avec quelques flammes et beaucoup de fumée. Le garde rengaine son garde-à-vous et son salut qu’il préméditait depuis le départ et, faisant face à la situation, avec un esprit de décision digne d’un grand chef, ordonne de sortir les provisions qu’on étale sous le grand parapluie et qu’on dévore avec forces rasades. Au sixième pots, les deux antagonistes, le facteur et le garde se réconcilient en évoquant joyeusement les préparatifs et l’agitation d’en bas et la tète que feront les habitants lorsqu’ils sauront la vérité ; Mais il fallait songer au retour. Les sauveteurs qui appréhendent la réception qui leur sera faite filent directement chez eux par des chemins détournés. Seuls le garde et facteur, fidèles au devoir et enhardis par les pots de beaujolais, se rendent d’un pas ferme, bras dessus, bras dessous, sur la place de Vaux.
Aucun historiographe n’a malheureusement reproduit le dialogue épique qui s’est engagé à leur arrivée. Le maire expliqua, comme il le put, la méprise et la découverte qui avait été faite sur le Chatel et remettant au lendemain la recherche des responsabilités, envoya ses administrés se coucher, chacun avec sa chacune. Depuis les habitants de Vaux se sont consolés de leur déconvenue. N’avaient-ils pas, pour panser leur petite blessure d’amour-propre, l’admirable vin de 1870, qui au dire des anciens, a valu celui de 1811, l’année de la comète. Tout s’arrangea très bien. Les plus convaincus, les plus enthousiastes de la première heure, déclarèrent qu’ils n’avaient jamais rien vu et qu’il fallait être « bredin » pour supposer que Gambetta put débarquer sur le Chatel.
Comment expliquer l’emballement des ancêtres de nos amis de Vaux. Très facilement par un effet de mirage. En Provence, le mirage est provoqué dans les esprits par le soleil qui tape sur les crânes et électrise les cerveaux. Ici, c’est notre malicieux beaujolais qui, en dehors de ses vertus thérapeutiques universellement reconnues, échauffe parfois notre imagination et détermine chez les bons buveurs une sorte d’excitation euphorique et grégaire. Cette fièvre n’a aucun caractère de gravité. Elle est même bienfaisante si l’on a soin d’appliquer sans retard le traitement homéopathique qui consiste à boire le même vin beaujolais. L’homme avisé qui persiste à s’abreuver du sang de nos ceps retrouve rapidement le calme et la pondération qu’accompagnent toujours une vision saine, une sereine compréhension des gens et des choses.

L’appropriation du nom de Clochemerle, par Vaux-en-beaujolais

Le 11 juillet 1955 à l’inauguration de la route du Beaujolais, chaque village avait la charge de décorer à sa façon son parcours, ce que vaux fit avec soin, mettant en évidence le nom de Clochemerle, dont chaque lettre figurait sur un fond de tonneau, l’ensemble étant disposé le long d’une vigne au lieu-dit « Le plageret » afin d‘être visible bien visible. De plus, des banderoles et des panneaux humoristiques vantant Clochemerle étaient installés dans la rue principale du village.
Réaction imprévue, un certain M. Victor Perret, de Juliénas, faisant partie du cortège officiel, s’insurgea de cette présentation, se réservant par lettre d’utiliser personnellement cette dénomination et notifiant de poursuivre éventuellement en justice. C’est à partir de cet épisode que tout s’est réellement déclenché. La surprise passée, le conseil d’administration du syndicat agricole ne s’en trouva que plus affermie dans ses intentions et des décisions furent prises. Par l’intermédiaire d’un familier de Gabriel Chevallier, l’auteur reçut l’offre de donner son nom à la rue principale de Vaux. Acceptation de l’intéressé, démarches administratives, réunions multiples souvent autour d’une table bien garnie chez la Claudia ( actuelle Auberge de Clochemerle), d’où jaillit l’idée de la création d’un caveau de dégustation. Déjà ceux de Villié-Morgon, de Beaujeu, de Brouilly étaient fonctionnels ou en cours de réalisation.

Extrait d’un article paru dans Hebdo-St-Etienne du 24 avril 1965

Voici les faits, dans leur chronologie. En 1945, un ami de Gabriel Chevallier ; M. Perret, propriétaire à Juliénas demanda à l’homme de lettres la permission de baptiser son vin « Clochemerle ». Chevallier accepta et un contrat fut signé pour dix ans. Non renouvelée, la concession du titre passa ensuite à Vaux, reconnu depuis longtemps comme cadre du fameux roman. En 1960, la coopérative de Vaux constata avec stupeur que le titre de Clochemerle était toujours utilisé par Juliénas ; Elle vit rouge et c’est ainsi que Gabriel Chevallier se trouva poursuivi avec le premier concessionnaire de Juliénas.
Le tribunal de Villefranche avait admis, d’une part, la responsabilité de Gabriel Chevallier envers la coopérative et d’autre part, la responsabilité du vigneron de Juliénas envers le romancier. La cour d’appel a réformé ce jugement. Elle a débouté la coopérative de Vaux de son action injustifiée et mal fondée à l’encontre de gabriel Chevallier mais elle a condamné le vigneron de Juliénas à verser mille cinq cent francs de dommages et intérêts à Vaux.
A la coopérative, tout le monde est affirmatif : « nous avons raison, le titre est notre propriété, les papiers sont en règle. Juliénas avait tort. »
Pourquoi alors ce procès ?
« Il continuait à produire du Clochemerle alors que nous avons payé le titre très cher…Enfin nous avons gagné. Buvez un coup .. »
Vaux, Odenas, Charentay,Villié-Morgon,Romanèche-Thorins et voici Julénas.
Ici, c’est un autre son de Cloche. La famille de M. Perret qui vit dans une grande propriété « Le château des Capitans » est très étonnée et fort surprise de tout ce remue-ménage. « Nous n’y comprenons rien. Chevallier ne nous a jamais rien dit. Nous pensions que la reconduction était tacite étant les liens d’amitiés qui nous liaient. Un jour nous avons reçu du papier timbré. Jugez de notre émoi… Nous étions de bonne foi ».
Je pose la même question qu’à Vaux ; « C’est ici Clochemerle ? »
« Bien sur, Chevallier a souvent dîné à l’auberge qui est sur la place ; il s’est sûrement inspiré de Juliénas.. »
Qu’en penser ? Qui a raison ? Qui a tort ? Où est Clochemerle ? C’est bien difficile à dire car l’histoire est aussi trouble que le vin de l’année est clair.
Il faut dire qu’à l’époque les vignerons de Juliénas n’étaient pas du genre impressionnable. Le village était célèbre depuis que les journalistes du « Canard enchaîné » avait choisi Le Juliénas comme étalon or.

LES FETES A VAUX ( Photos à retouver dans l'album )

La vogue, la grande fête annuelle

1930 -Le bal de la vogue sur la terrasse du château

2004 - Le bal sur la place du caveau

Course de tracteurs Béné

2004 – présentation des vieux tracteurs lors de la fête annuelle

1931 – Les garçons de vogue

1928 – La course de vélos

1930 – Le tir à la bague

1930 – La course de chevaux

Vogue des années 1930

La fête des conscrits

Conscrits non datée (1920, 1930)

Conscrits année ?

La Fête des G.o.s.i.e.r.s.e.c
Cette fête a lieu le 1er dimanche de février à l’occasion des fêtes de la Saint-Vincent.
Ce jour a lieu l’intronisation des nouveaux amis.

Intronisations en 2004

12.10.2007

HISTOIRE ET GEOGRAPHIE de VAUX EN BEAUJOLAIS

Vaux et sa région

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Un paysage diapré de vignes et de bois
Un extrait d’un article de M.L.L ODIN
L’organisation des routes sur le territoire de la commune permet de découvrir avec facilité le charme étonnant et la variété des paysages.
Partez du lieu-dit La Tallebarde entre Blaceret et Saint-Etienne-des-Ouillières. Vous remontez alors le cours de la Valsonne bordé de prairies, de bosquets et de belles demeures. Au carrefour Vaux- Le Perreon prenez à gauche de plus en plus vous dominez la vallée. Vous croisez même le hameau de La Valla. La grande rue du bourg soudain vous enserre. Traversez en ligne droite, laissez vous conduire au gré des pentes et des cotes. Par zones alternées d’ombre et de soleil vous admirerez successivement des vignes rutilantes et des bois ombreux. Enfin ce sera l’émerveillement. Au dessus de votre ligne d’horizon une bastide provençale se découpera sur le ciel. Vous serez arrivé au Cruizon, au Parassoir à Saint-Cyr-Le-Chatoux et vous retournant vers le levant d’où vous êtes partis vous aurez sous les yeux un cirque naturel tapissé de vignobles, soignés comme un jardin à la française. De place en place, les habitants ont niché des hameaux groupés sur des sites privilégiés ? Vous reconnaîtrez Vaux à son clocher ? Et par delà, bien loin, la plaine, la Saône et l’Ain.
Si vous avez la chance, vous verrez scintiller la chaîne des Aloes dominée par le prestigieux Mont-blanc. Descendez alors par la route qui commence à l’angle de l’auberge. Vous retrouverez Vaux ; mais la fête ne sera pas finie. Changez de combe en utilisant le défilé du Perreon : Vous pourrez à nouveau vous élancer vers les cimes en empruntant le passage de La Creuse. En quelques instants, l’altitude varie de 200 à 850 mètres.

Le Perreon
La commune de Vaux fut divisée en deux en 1890. Il en résultat la création d’une nouvelle commune : Le Perreon.
Le dossier de demande de création d’une commune libre fut présenté au conseil général du Rhône en séance du 16 septembre 1889.
La séparation eut lieu le 17 novembre 1890.
La conséquence fut de ramener la superficie de Vaux à 1780 hectares au lieu de 3256 précédemment.
La commune de Vaux s’appela alors Vaux-en Beaujolais, alors qu’auparavant elle portait le nom de Vaux-sous-Montmelas ; ainsi qu’en témoigne près de l’église, une plaque indiquant le chemin d’intérêt communal n°62 avec la précision Lamure à 14 kms.

Les photos suivantes sont visibles sur l'album

Vaux - Vue générale en 1908

Vaux – Vue générale à l’apparition de la couleur

Vaux en 1926 – Entrée est, la route du Perreon

Vaux – La route du bas ou nouvelle route (Date inconnue)

Vaux en 1937 – Entrée ouest, sous le château

Vaux en 1902 – La Grande Rue

Vaux en 1912 - A noter que là, on parle de la rue de l’église

Vaux en 1921 – La grande Rue, L’hôtel St-Martin
Aujourd’hui la salle des fêtes au dessus du Caveau