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29.10.2007

VISITE DE CLOCHEMERLE

On peut imaginer un circuit permettant de découvrir le village et son évolution dans le temps. Des lieux qui évoquent Clochemerle et toute la richesse d’une nature à la fois sauvage et aussi modelée par des générations de vignerons.

Nous visiterons successivement

La plaçe du Caveau et sa Pissotière
La Rue Gabriel Chevallier
La chapelle des moines de Cluny
Le lavoir
L’église
Le château
La place de la mairie et la mairie
L’ancienne cure et la montée de La Croix- rousse
Le cimetière

Un peu excentrés du centre du village, nous pouvons aussi
faire le déplacement jusqu’à :
La Madone de Notre Dame de Tolède
L’Hotel des eaux
Rochefolle

La place du Caveau et sa Pissotière ( photo N° 9 )

Point central du village, dominant la vallée de la Vauxonne.

Nous y découvrons la célèbre Pissotière du roman

Le Caveau ( photo N° 8 )

La porte du Caveau

Le comptoir

Le dessinateur Paul Dufour présentant un des premiers tableaux illustrant Clochemerle


La Rue Gabriel Chevallier ( Photo N° 7 )

Extrait d’un article non identifié

En octobre 1956 fut inaugurée la route du Beaujolais que Gabriel Chevallier avait notablement contribuée à créer. Elle passait par Vaux qui fit dresser des grands panneaux soulignant ses titres de gloire : « Clochemerle vous salue ».
Le monde des officiels, préfet, général, parlementaires en tète ne trouva à redire. Mais Gabriel Chevallier n’avait pas été invité. Tout le monde défilait sous son emblème, personne n’avait songé à lui. Il publia alors dans le « Guignol lyonnais » une lettre à la tournure satirique, disant que sans doute sa présence à Vaux aurait ressemblé à un attentat anarchiste.
Les habitants de Vaux furent désolés. Ils se sentaient un peu tributaire de l’écrivain. Ne s’étaient-ils pas imposés à lui comme ses personnages et ne lui devaient-ils pas leur nouveau titre de Clochemerlins.
Un dimanche après la messe, occupés à leur belote hebdomadaire autour de la table du café, buvant quelques pots, les Vauxois eurent une idée géniale. Il y a la, Nicolas Carage, qui tenait dans le film de Clochemerle le rôle d’un sulfateur, Jean-pierre Vermorel, André Girard et Antoine Lafont, viticulteurs et Jean-baptiste Devercher, le mari de la buraliste, tous des vétérans.
Ce fut Jean-pierre Vermorel qui lança l’idée comme une bonne plaisanterie « et si on lui donnait une rue ? »
« A qui donc ? »
« Ben à Gabriel Chevallier »
La suggestion parut plus sérieuse qu’on ne le supposait, et le maire Gaspard Braillon la présenta au conseil municipal le Deux septembre ; Un vote à l’unanimité intervint. Gabriel Chevallier, s’il acceptait, aurait sa rue à Clochemerle. Bien sur, elle conduisait à l’église, cette rue mais elle était aussi flanquée de la célèbre pissotière.
L’écrivain accepta et se fut le Cinq août que l’inauguration de la rue eut lieu.
Le très corrosif « Clochemerle » n’effraye plus personne. L’œuvre de Gabriel Chevallier sera même présentée le mois suivant dans le parc du château et M ; le curé y était présent.
Le ministère de l’intérieur a bien hésité un peu avant de donner son accord au changement de nom de la rue. Finalement des personnalités nombreuses assistèrent à la manifestation et ce fut l’événement le plus clochemerlien de l’année.

Extrait d’un autre article non identifié

Clochemerle, octobre 1956.
« Inaugurer de son vivant une rue, dont les plaques sont frappées blanc sur bleu à son nom, ne doit pas mètre réjouissant. J’ai sur les lèvres un avant goût de posthume ; d’être un individu excédentaire… »
Ainsi parlait, d’un ton ironique, Gabriel Chevallier, le célèbre auteur de Clochemerle en dévoilant la plaque frappée de son propre nom.
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En suivant cet itinéraire le romancier inquiet se confiait in petto ce qu’il répétera plus tard « j’ai fais une blague en indiquant le numéro des routes.. .Mon histoire est inventée… J’ai plutôt fait appel à des souvenirs de jeunesse… »
Pourtant il continuait à suivre les méandres de la route qui serpentait dans l’océan des vignes. « Du coude par lequel on débouche, on aperçoit en face de soi une grosse agglomération située à mi-hauteur de la pente ». Incrédule l’auteur voyait grandir au détour du chemin le petit bourg qu’il a si exactement décrit.

Dans son roman, devant la première maison, une plaque michelin indiquait son nom : Vaux en Beaujolais. Croyant encore rêver, le romancier interrogeait maintenant la servante de l’auberge ou il venait d’achever de déjeuner.
« Savez vous, mademoiselle, ou se trouve Clochemerle ? »
« C’est ici à Vaux, répondait-elle sans sourciller. Les anciens du pays l’ont tous reconnu. Cette fenêtre que vous voyez là-bas était celle de la Putet et la cure est derrière… »
Elle n’osait par pudeur désigner l’urinoir au pied de l’église, mais il faisait mine de hausser les épaules, elle reprit « même qu’il y aune femme qui a appris dans le livre que son mari l’avait toujours trompée ; mais je lui pardonne parce qu’il est mort … »
Chevallier avait écouté avec une stupéfaction amusée le commentaire de la servante. Elle lui avait aussi raconté qu’il arrivait assez fréquemment qu’un lecteur étranger de Clochemerle retrouve le chemin de Vaux en suivant l’itinéraire recommandé par l’auteur.
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Au sujet du baptême de la rue.
Malgré l’acceptation de l’auteur, la municipalité n’était pas encore au bout de ses peines. Jamais depuis l’inauguration de la place de louis XV, future place de la Concorde, au temps du bien-aimé, une place n’avait reçu le nom d’une personnalité vivante, à l’exception toutefois du général De Gaulle, noblesse oblige. La demande officielle partie du secrétariat de la mairie devait obligatoirement remonter tous les échelons administratifs, de la sous-préfecture a cabinet du ministre de l’intérieur. Au bout de quelques mois, le garde-champêtre put annoncer aux villageois dans un grand roulement de tambour la nouvelle tant attendue ; Gabriel Chevallier inaugurerait lui même la grande rue de vaux, le 26 octobre.
Aux accents males de la fanfare municipale, l’auteur, suivi des notables et de la foule des habitants se dirigeait vers l’urinoir neuf. Un conseiller municipal avait bien proposé d’inaugurer aussi cet édicule dominant un joli paysage de vignoble. La proposition n’avait pas été agréée ; on laissa donc quelques buveurs impénitents procéder à cette cérémonie. Musique en tète, le cortège pénétrait maintenant dans le caveau tout neuf. Dans la première pièce se trouvait un monumental pressoir environné de caricatures célébrant en patois les « gaudrioles » des francs buveurs de Vaux. En débouchant dans la cave l’auteur eut une autre surprise, tout autour de la pièce s’alignaient comme sur une bande dessinée géante, les principales scènes de son roman, joliment encadrées dans des couvercles de tonneaux. Les villageois s’interpellaient joyeusement en désignant du doigt tel ou tel personnage dont ils croyaient reconnaître le modèle dans la foule.
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Après avoir lu ce roman, nous sommes retournés à Vaux, nul besoin de chercher le village. Nous n’avons qu’à suivre la route du beaujolais pour y parvenir ; le nom de Clochemerle se détache lettres géantes sur tous les coteaux environnants. Dans l’unique bistrot du village, nous attendaient les notables ; non pas comme pour Gabriel Chevallier, le prefet et le sous-préfet, mais le maire, le lieutenant de pompiers et même un personnage qui semble tiré du roman ; Jean Balandras que l’on retrouve portraituré dans la grande caricature du Caveau, celle qui représente le grand jour de l’inauguration de la rue.
Sur la plaque fameuse au pied de l’église, pas loin de l’urinoir, on lit toujours le nom de l’immortel auteur de Clochemerle. Dans le Caveau nous avons vu défiler, comme dans un film, cette histoire encore plus savoureuse puisqu’elle était commentée par Jean Balandras. Au comptoir nous avons trinqué avec le facteur en retraite, l’ancien premier « biberon » du village ; puis au terme d’un bon repas copieusement arrosé, Jean nous a raconté des anecdotes encore plus vertes que celles du roman.


La chapelle des moines de Cluny
( photo N° 16 )

La chapelle en 1926

Cette chapelle est visible de la route mais ne peut-être visitée ; elle fait partie d’une ferme habitée.
La maison serait un ancien hôpital qui était tenu par trois moines de Cluny ?
Il existe dans la cour une grotte faite de pierres en forme d’amphores et une vasque dont la grenouillère en plomb pesait 50 kilos et qui a été volée.
La serve qui se trouve à coté contenait 350 mètres cube d’eau.
Qui pouvait se vider en deux minutes, grâce à une bonde en bois ; L’eau partait dans une canalisation sous la maison.
La chapelle fut transformée en four à pain, à la révolution.

Le lavoir

L’église ( photo N° 2 )

La porte de l’église est classée par les monuments historiques
Elle date du XIIème siècle –

La porte fut refaite à plusieurs reprises.
Elle fut remise en état en 2004 , à la suite d’une curieuse aventure : Une voiture garée à l’entrée du château ,face à l’église , a la suite d’un incident de freins desserrés, traversa la rue et vint s’immobiliser entre les pilastres de l’entrée, après avoir fait voler en éclats la porte qui venait tout juste d’être rénovée, pour un coût que les habitants de Vaux trouvait indécent ; Le malheureux propriétaire de la voiture incriminée, résidant depuis peu à Vaux fut du jour au lendemain reconnu par les habitants qui regrettèrent que cette porte , monument historique, ne fusse pas définitivement pulvérisée pour qu’enfin on en parla plus, et qu’elle ne soit plus une charge financière pour la commune.

Le château ( photo 13 )

Le Château en 1921
Le château est maintenant en copropriété depuis que de, propriété familiale, il eut été transformé en appartements.
La Porte ogivale visible à l’arrière du château, montre que sur cet emplacement se trouvait déjà au 14- 15eme siècle un bâtiment d’importance.

La place de la mairie et la mairie ( photo N° 15 )

La place de la mairie s’appelait autrefois la place du marché.
Elle était bordée d’arbres, probablement des tilleuls.
A la mairie si la salle des mariages est ouverte, on peut admirer les fresques peintes par Allain Renoux déclinant les saisons à Vaux.

L’ancienne cure et La montée de La Croix rousse ( photo N° 14 )

L’ancienne cure, a été rénovée est transformée en appartements sociaux et comme il se doit, en souvenir du curé de clochemerle, s’appelle la résidence « Ponosse ».

La Croix Rousse est le quartier situé au dessus de la mairie, Un escalier digne du modèle de la Croix Rousse à Lyon, nous emmène sur le haut du bourg.

Le cimetière

Il ne s’agit pas de visiter le cimetière mais de voir une curiosité ; un mémorial en reconnaissance à son maire décédé
« A M. Albin de Vauxonne, capitaine de génie, maire de la commune de Vaux, restaurateur de sa vicinalité, né le 1er mai 1798, décédé le 22 février 1851. Ce monument a été élevé spontanément par les habitants de la commune de Vaux, en témoignage de reconnaissance et comme l’expression des regrets universels que sa mort prématurée a laissé dans le pays et toutes les classes de la population. »

La Madone de Notre Dame de Tolète ( photo N° 12 ))

Située à l’ouest, sur les hauteurs du village, elle protège le vignoble de Clochemerle

L’Hôtel des eaux ( photo N° 16 )

Visible de la route Vaux-Salles, le bâtiment a été transformé en résidences particulières.
Ancien « Hôtel des eaux » invitant les malades à bénéficier des eaux jaillissant au pied de la montagne « Chatel ».
Extrait d’un article du 21/07/92
On rencontre à Vaux divers lieux-dits, mines ou carrières, ou en son temps on a exploité houille, minerai de cuivre, marbre ; témoignant d’un sous-sol riche en éléments minéralogiques. Les ruisseaux et les sources y abondent. L’une d’entre elles fut illustrée par Me Ducray, notaire qui le 1er messidor de l’an III de la république fit état des vertus de ses eaux, capables de « guérir les dartres farineuses, celles originelles, celle lépreuses, celles vives, les gales, les fièvres, jaunisse, hémophésies, rhumatismes, goutte, maux vénériens, procurant aux jeunes filles les purgatifs menstruels et protégeant de bien d’autres maux », eaux miraculeuses jaillissant de la montagne Chatel.
Sur ces lieux existait un établissement tenu par M. Gauthier (café hôtel dancing) qui créa entre les deux guerres une station thermale, « L’hôtel des eaux » invitant les malades à venir faire une cure. Si les vertus des eaux n’attirèrent pas la grande foule, par contre l’usage du bon vin de la région, les promenades à travers coteaux, l’emplacement avec terrasse et jeux de boules ombragé, permirent de retenir une certaine clientèle. Parmi les habitués, Gabriel Chevallier fit de fréquents séjours au cours desquels il écrivit son roman (publié en 1934) décrivant des paysages, des situations, des orientations qui, bien qu’anonymes, ont permis à Vaux de se retrouver en Clochemerle, à la grande satisfaction de toute une population ravie de brandir la bannière transmise par Gabriel Chevallier, mariant l’histoire et la légende, exemple de vitalité et promesse de longévité.


FIN

Archives fournies par monsieur Roger De Vermont ( Cartes postales, photos, coupures de presse), compilées par Jean-luc Lesueur président de l’Association " Les Amis de Clochemerle "

Edition du 17/11/2004 qui s'enrichira de vos remarques et documents.


69460 VAUX EN BEAUJOLAIS ( Clochemerle )

A 15 mn de la sortie d'autoroute A6 ,VILLEFRANCHE SUR SAONE .

LA CELEBRE PISSOTIERE

La Pissotière à l’origine de Clochemerle

Extrait d’un journal du 21/07/92 (parlant de la pissotière de la place du Caveau, historiquement la n° 2 )

Elle fut inaugurée en 48-49, mais elle a été réellement construite en 34-35, car auparavant elle été en tôle, telle que décrite dans le roman. Déjà, à cette cérémonie, les participants étaient habillés « d’époque », figurant les principaux personnages de Clochemerle dont on parlait de plus en plus, simplement pour se détendre après cinq ans de restrictions de guerre.
Et sans imaginer ou cela allait aboutir, la population avait besoin de se libérer en se changeant les idées et Clochemerle en donnait l’occasion.

Cette pissotière fut transformée et devint le monument le plus photographié de Vaux.

Inauguration de la nouvelle pissotière, place du Caveau en 1983, donc la numéro 3. (photo dans l'album )

Cette pissotière fut agrémentée d’une peinture représentant « Justine Putet » et réalisée par Allain Renoux, célèbre peintre du Beaujolais ayant élu domicile à Vaux.

Découverte de la peinture en 1999.

EN 2004, la pissotière de l’année 34-35 fut démolie pour laisser place à une nouvelle représentation, toujours sur la place du Caveau (en son centre) devenant la première pièce du Musée Gabriel Chevallier en cours de réalisation.

LE ROMAN ET LES ARTS

Cinéma

La première version cinématographique « Clochemerle » était dirigée par Pierre Chenal.

Sera aussi porté à l’écran « Le chômeur de Clochemerle » à partir du roman « Clochemerle babylone » en 1957 avec Fernandel dans le rôle principal.

En 1971, une équipe de la télévision anglaise de 200 personnes tourna « Clochemerle » en six épisodes.

En 2004, sortit le téléfilm français « Clochemerle ».
Qui passa sur fr.3 le samedi 23 octobre 2004
Téléfilm de Daniel Losset avec B.p Donnadieu

Théâtre

En France, une pièce de théâtre sera créée par Le Centre D’Etudes Théatrales de Villefranche, le 14 novembre 1979.
L’adaptation du roman « Clochemerle » est du à Jean-Jacques Pignard et la mise en scène et dramaturgie de Jean Colomb.

Expositions
De nombreuses expositions retraçant l’œuvre eurent lieu un peu partout.
Entre autres, une exposition pour célébrer le centième anniversaire de la naissance de Gabriel Chevallier, fut organisée à Saint-didier-Au-Mont d’or par l’association « Les amis de la bibliothèque ».
En présence de Mme Chevallier il fut rendu un hommage à l’auteur de « Clochemerle » et de « Brumerives »

Emissions de télévision

Une grande émission, en direct fut tournée à Vaux, le 5 octobre 1980 « Dimanche et fête » par Antenne2

De nombreuses manifestations animées par des personnalités, ont lieu tout au long de l'année.

LE ROMAN DE CLOCHEMERLE

Gabriel Chevallier ( Photos dans l'album )

"Clochemerle" un roman de Gabriel Chevallier; paru en 1934, traduit en 40 langues.

Extrait d’un article écrit par PierreGrison, parlant de Gabriel Chevallier et de son œuvre.

Il est né à Lyon le 3 mai 1885, au 2 quai Fulchiron. Il était fils de notaire, Joseph qui le reniera et de Marie au caractère difficile.
Il voulait être dessinateur illustrateur ; une vocation artistique qui s’épanouira aux beaux arts et qui tournera court dans les tranchées Du Chemin Des Dames. Mobilisé dans l’infanterie, Gabriel Chevallier finira la guerre comme officier, toujours en première ligne malgré une blessure reçue en 1915.
Il ramènera de ces quatre années d’horreur un sentiment très mitigé pour la gent militaire et un livre «La peur » publié en 1930, illustré par ses soins qui en dit long sur sa vision horrifiée de la nature humaine.
Rendu à la vie civile, il va connaître la farandole des activités diverses et variées qui vont de la collaboration régulière à des publications «Au cri de Lyon », « L’illustré du sud-est», « Les arts à Lyon », »Le tout Lyon », « Le lyon républicain » ou « Vendémiaire », à la représentation commerciale en cycles comme croit s’en souvenir, Madeleine sa femme, en passant par le dessin. Mais par-dessus tout, Gabriel Chevallier qui connaît désormais la précarité des choses veille à se ménager du temps pour satisfaire un immense besoin d’écrire.
C’est sa première expérience qui transparaît dans son premier livre paru en 1929 : « Durand voyageur de commerce ».
Ce n’est pas encore la gloire ; il faudra attendre « La peur », l’année suivante, pour que le nom de Chevallier avec deux LL acquière un début de notoriété. On reparlera de lui en 1933, avec la publication du roman « Clarisse Vernon ». Mais c’est en 1934 qu’il connaîtra la notoriété avec « Clochemerle ».
Comme pour les films de Pagnol, Dubout signera les affiches de la première version cinématographique de « Clochemerle » dirigée par Pierre Chenal. La gloire enfin, qui permet à Gabriel Chevallier de vivre uniquement de sa plume.
Il signe successivement « Propre à rien » en 1936, « Sainte colline » «en 1937, ou il raconte une année dans un pensionnat de Saint-Chamond.
« Ma petite amie Pomme » en 1940, ou il raconte par le menu l’histoire d’une très jeune fille qui habitait, montée du Chemin neuf à Lyon et jeta dans une poubelle, avant de quitter la ville, tous les dessins que Gabriel Chevallier lui avait offerts, ramassés par un passant, ces documents sont aujourd’hui aux archives.
Voila soudain que le rythme littéraire va en s’accélérant ;
En 1945 paraissent les « Héritiers Euffe » et un livre de souvenirs « Chemin de solitude » et en 1946, « Le guerrier désoeuvré » qui ne connaîtra qu’un succès d’estime ayant été publié en tirage limité.
En 1948, c’est « Mascarade », une suite de cinq récits, et en 1953, « Le petit général ».
Deux ans plus tard pour le théâtre, il donne « Le ravageur », une comédie qui tiendra l’affiche Aux Bouffes Parisiens.
En 1954, il écrira « Clochemerle babylone », un nouveau roman dans le prolongement de « Clochemerle ». Le livre sera porté à l’écran en 1957, sous le nom du « Chômeur de Clochemerle » avec Fernandel dans le rôle titre.

Gabriel Chevallier et sa femme Madeleine voyagent et rencontrent le monde des artistes : on joue au tennis avec Jacques Tati à Megève, on prend le soleil à Cannes avec d’autres célébrités de la plume ou de l’écran et Gabriel Chevallier roule heureux au volant de son Amilcar.

En 1956, parait son nouveau livre de souvenirs
« Carrefour des hasards » et il inaugure en grandes pompes la cave de Clochemerle à Vaux en beaujolais ou tout rappelle les personnages du livre, y compris la pissotière, objet de tant de lyrisme hygiénique et hydrolique à la fois .Et dans l’euphorie de ce 28 octobre, on baptise une rue du nom de Gabriel Chevallier.
En 1958, parait « Lyon 2000 ».
En 1959, « Olympe ».
En 1960, « Les filles sont libres ».
En 1961, « Miss taxi ».
En 1963, « Clochemerle les bains ».
En 1966, « L’envers de Clochemerle »
Le dernier roman de Gabriel Chevallier, « Brumerives » parait en 1968.
En 1969, cet auteur prolifique, pessimiste sous la verve, meurt à Cannes, victime d’une crise cardiaque.

Le roman « Clochemerle »

Gabriel Chevallier a dit ne pas connaître Vaux en Beaujolais lorsqu’il écrivit « Clochemerle ». Ce qui trompa tous ceux qui pensaient avoir reconnu la description de Vaux, ce sont les précisions topographiques données par l’auteur.
« Vous suivez la route nationale n°6 de Lyon à Paris jusqu’à trois kilomètres environ au nord de Villefranche sur saone, arrivé au pont de chemin de fer de Paris dit pont de L’ave Maria, vous prenez un petit embranchement qui amorce le chemin de grande communication n° 15 bis, jusqu’au lieudit la Tallebarde, puis vous prenez un petit embranchement qui amorce le chemin de grande communication n°20 ( l’actuelle départementale 49 ), vous vous élevez sans cesse par une série de lacets à larges courbes, dans une cote assez dure. La, accroché, à quatre cent mètres d’altitude, vous trouvez Clochemerle en Beaujolais ».
Or si vous suivez à la lettre cet itinéraire, vous tombez sur Vaux, indéniablement.
Alors il est arrivé cette chose curieuse : les gens de Vaux se sont identifiés aux personnages ou les ont identifiés à la personne de leurs voisins.
Peut être l’universalité des types que met en scène Gabriel Chevallier convient-elle précisément à n’importe quel village.

Dans son roman « CARREFOUR DES HASARDS » paru en 1956 , Gabriel Chevallier donnent les clefs sur l’origine de « Clochemerle » :

21.10.2007

LE VIGNOBLE DE CLOCHEMERLE

Le vignoble et les vignerons de ClochemerleUne série de photos à voir dans l'album

La coopérative des vignerons de Clochemerle
Le Caveau de Clochemerle
Construction du Caveau – Cl. Puillon
Le Caveau en 1991
La porte du Caveau en 1991

A l’intérieur du Caveau, nous pouvons admirer comme dans un musée différents tableaux illustrant le roman de Gabriel Chevallier. Ces dessins humoristiques réalisés à différentes époques par le dessinateur humoriste, Paul Dufour, sont changés régulièrement et présentés par thème ou par époque. Une série complète représente des personnages du roman sous les traits d’habitants de Vaux contemporains.

La Confrérie des Gosiersec ( photo N° 3 )
Il faut la voir vivre et chanter, lorsqu’elle se déplace en France ou à l’étranger et surtout lors des intronisations des nouveaux amis. Cette grande fête a lieu le 1er dimanche de février à l’occasion des fêtes de la Saint-Vincent.
Les frères portent la livrée ancienne des maitres-vignerons (tenue du dimanche) : pantalon de coutil, sabots, chemise blanche, tablier noir et canotier ; En plus du foulard vert (couleur du Beaujolais), le jaune du cordon du canotier évoque la couleur de Clochemerle.
La confrérie groupe autour du doyen, le gardien de la charte, le porte drapeau, le porte serment, le porte broc, etc.… tous choisis parmis les frères.

Les Gosiersec fin des années 60

Intronisation de Mme Chevallier le jour de l’inauguration de la peinture de Justine Putet sur la pissotière n°3 (Photo)

Extrait d’un article de journal non identifié
Un jour, il y a bien longtemps, une véritable manne s’est abattue sur le beaujolais : la vigne ; Cela fit dire à Edouard Herriot : « Ce n’est pas une pomme qui a tenté la première femme, c’est une grappe de raisin beaujolaise. Comme je l’excuse et la comprend ! … »
Strabon géographe romain, avait pourtant décrété que le sol étant trop lourd au nord, la vigne ne pourrait pas mûrir.
C’était sans compter sur le caractère indépendant des Eduens, cette tribu gauloise, ancêtre des vignerons du Beaujolais . Bien que soumise à Rome, elle n’en continua pas moins une tradition viticole dont les origines remontent au 1er siècle de l’ère, pas moins.
Cette prédiction du romain aurait bien fait rigoler les Clochemerlins qui ne connaissent rien de meilleur que le délicieux nectar de leurs vignes.
Comme le curé de Cucugnan, celui de Clochemerle a fait la gloire du pays. Clochemerle, vous vous souvenez ? Cette paisible bourgade viticole du fin fond du Beaujolais que l’inspiration truculente de Gabriel Chevallier faillit, un instant faire sombrer dans d’abominables dépravations babylonniennes.

Restait à vérifier l’authenticité de Clochemerle. « C’est nous ! » affirmèrent les vignerons de Vaux –en Beaujolais. « Non, c’est nous ! » répliquèrent en écho ceux de Juliénas ; « Heu !.. » rétorqua l’auteur. Qui donc avait inspiré Gabriel Chevallier ?
Guéguerre de clochers, querelles épiques, procès mouvementé, rien ne manqua. Vaux, seul à posséder dans son dossier « d’authentique « pissotière face à l’église, fut reconnu, après expertise, par de sérieux magistrats, dignes du nom de Clochemerle.
En général, les communes ne sont pas particulièrement fières de leur surnom. Ici au contraire, c’est la gloire. On en rajoute même. Au point que le roman a donné d’autres dimensions à la vie quotidienne ; On se sent pris au jeu, on est Clochemerlin.
Il y a une grande rue à Clochemerle, elle monte sur la colline, elle accompagne, elle tourne avec les maisons. Elle vire, grimpe, passe devant le bureau de poste, la célèbre église du curé Ponosse, la place de la mairie ou rode l’ombre de Piechut, et puis se perd dans les vignes. Mais toutes les ruelles de Clochemerle conduisent « au monument », la pissotière, à quelques mètres seulement du caveau de dégustation. C’est la qu’on vient tirer la pellicule ou vider les trop-pleins ingurgités au cellier.
Lorsqu’on sort de la cave, c’est presque toujours en rase-mottes. Et ça presse !
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Il raconte la réception au caveau de personnalités du service des PTT de l’époque.
Pour « Poste et télécommunication », il y a tout le gratin. Le maire, des notables, le receveur des postes, et les trois mousquetaires de service. Antoine Balandras, Louis Colliard et Joanny Reynars : « Le Toine », « Le Louis », « Le Joanny ». Tous trois sont facteurs. Ca ne se voit pas trop. Ils sont également vignerons et ça, on le remarque. Ici on ne connaît qu’un seul travail, la vigne. Turbulents, le verbe haut, ils semblent tous trois sortis du roman. Derrière le comptoir il y a la femme du Joanny, Céline. C’est elle qui s’occupe du caveau. A la voir causer avec ces vignerons brûlés de soleil, on dirait une grappe de raisin blanc parmi les sarments. On n’a pas attendu notre arrivée pour déboucher les bouteilles .Les verres étaient pleins, bien avant les politesses. Le beaujolais, vous rappelle-t-on, est un sacré bon vin qui ne fait jamais de mal. Plus on en boit, plus on trouve sa femme gentille, ses amis fidèles, l’avenir encourageant et l’humanité supportable. On boit et on cause. On remet ça et on cause plus fort.
« La grêle nous a abîmé une bonne partie de la récolte. On a été cinq fois sous le robinet. Heureusement ce qui reste sera bon ; On fera pas du vin de parisien ». Nous dit dans un clin d’œil le Joanny à la lèvre gourmande.
Entre temps nous descendons plusieurs coups de « paradis », le vin nouveau, issu de la première presse. Du miel ! D’autres pots sont annoncés. C’est la dose réglementaire en Beaujolais ; quarante six centilitre ! Dans les banquets ou les commandes au mètre.
« Nous faisons du primeur ; En principe il ne fait pas ses paques. Sitôt vendangé, sitôt tiré, sitôt bu, sitôt pissé », lance en frappant sur son ventre confortable le Louis pétant de santé.
Un vin à vous faire le gosier en entonnoir. Il en sait quelque chose lui, l’éminent compagnon de la confrérie bachique locale du Gosiersec. (Groupement des Organisations Sociales Intellectuelles Educatives Récréatives Sportive et Culturelles), précise M. de Vermont, doyen de ce docte collège. Ce vin jeune et gai déteint forcément sur le caractère des gens. Tributaire de leur popularité, les Clochemerlins ont gardé le sens de la bonne vieille gaudriole ; Les scientifiques de l’érotisme, de Copenhague ou d’ailleurs, auraient tout avantage à venir y réapprendre comment trousser une jeune beauté callipyge au moment des vendanges.
« On aime bien les bonnes petites « tapanas », les belles parties de rigolade entre amis. Il y a un noyau, ici, qui va bien » nous dit le Joanny en remplissant pour la énième fois notre verre.
Il faut dire que la télé n’a pas encore éteint le village « le monde entier vient nous voir » entend-on proclamer fièrement. Après tout, Clochemerle n’est ce pas l’humanité moyenne ?
Pour soigner la vigne avec autant d’attendrissement, le clochemerlin ne doit pas avoir l’esprit distrait par d’excessifs soucis métaphysiques. Il pense au vin, il rigole et c’est tout. Une joie de vivre au jour le jour, telle que le symbolise le « Toine »,le facteur-garde-champetre aux mains si larges que quand il fait une coinchée, on croit qu’il n’a pas de cartes dans les mains. C’est un peu la vedette. Pensez, il a inspiré les artistes. C’est lui qui sur les pancartes indique le chemin du Cellier.
Le matin il enfonce sa casquette, toute droite sur les oreilles, la visière au ras des sourcils et elle ne bronche pas jusqu’au coucher. Elle fait partie de sa tête au même titre que ses yeux et sa bouche. En tant que garde champêtre, il est le gardien du « monument », la pissotière communale, lieu de tous les pèlerinages touristiques, pieusement entretenu par la municipalité. Par respect du patrimoine, on dit même que les Clochemerlins utilisent plus volontiers les arbres…
De quoi faire retourner la Jeanne dans sa tombe. Jeanne Putet, cette pytonysse pessimiste prédisant à Clochemerle la fin de Sodome et dont on se demande, ici, si finalement elle n’a pas existé. Il est vrai qu’à force de renseigner les visiteurs sur la demeure où elle est censée avoir habité on s’en persuade. Et puis il y a la nouvelle, les anglais vont venir filmer pour la BBC ? Voila Clochemerle qui inspire les sujets de sa gracieuse majesté !
Ca c’est quelque chose ! La truculence et l’humour, une union qui annonce de beaux lendemains. Et on ne leur en voudra pas cette fois si, pour les besoins du scénario, ils font un sort à la Jeanne.
Effet de la fécondité de ses habitants ou du tourisme, Clochemerle se repeuple. Les jeunes se fixent et reprennent le flambeau. Il y a pourtant un problème : tous ces étrangers qu’il faudrait pouvoir loger pour devenir une station touristique.
« On cherche une émule d’Adèle Torbayon » nous confie le maire.
« Notre café-tabac-casse-croute ne suffit plus, il nous faut un hotel- restaurant pour accueillir les touristes ».
Ils n’attendent que cela, pensez, avec un vin pareil ! » surenchérit le Joanny.
Et de nous entraîner dans un der de der au « Riquiqui », leur fameux coup de garçe, qui donne au visiteur un indicible mal du pays ….

Article paru le 21/07/92, sous le titre « Vaux en Beaujolais , un retour aux origines »
A mi-chemin entre Lyon et Macon, Vaux doit sa renommée à la qualité de sa production viticole dont on dit que la première plantation eut pour origine l’arrivée des moines de Cluny au hameau de Montmain.
Les 570 hectares de vignoble exposés sur des terrains granitiques donnent des vins de saveur très fruitée au bouquet pénétrant.

Vendanges en 1964 ( photo N° 4 )

Le beaujoalais nouveau est promu par les Gosiersec

Extrait d’un journal du 21/11/92 « La fête des maires »
A Paris, plus qu’ailleurs l’arrivée du Beaujolais nouveau est un rendez-vous immuable que beaucoup de « pisse-froid », « pisse-vinaigre » et aussi excusez nous, chers confrères , de « pisse-copies » s’escriment vainement à vouloir démolir en lui reprochant cette médiatisation qu’ils entretiennent eux-mêmes. Fi des esprits chagrins, le beaujolais primeur 92 est parti avec un départ en panache de la mairie du 8eme. Le premier maire et maître de céans , M.François Lebel, adjoint au maire de Paris et maire du 9 ème qui a reçu notre délégation beaujolaise composée des responsables de l’U.I.V.B et des artistes locaux.
Le deuxième maire est celui de la capitale du Beaujolais, venu encourager les troupes beaujolaises.
Le troisième maire est Raymond Philibert venu avec le Gosiersec de son célèbre village de Clochemerle.
Le quatrième maire est l’ex-premier ministre Jacques Chirac . Gérard Canard a défini le beaujolais nouveau comme friand aux aromates de fraises et de framboises, contrastant avec les parfums de cassis de l’an dernier. Jean-Jacques Pignard a déclaré ce gai beaujolais comme devant être reconnu d’utilité publique.
Jacques Chirac a surenchéri en remerciant pour cette occasion, de sortir de la morosité ambiante en apportant un peu de bonne humeur. Remerciant les maires présents ainsi que Francis Perrut, l’ancien premier ministre a tenu à rendre hommage à ce vin qui réjouit les cœurs, l’estomac et donc l’esprit.
Sur ces déclarations du premier magistrat de Paris, le beaujolais a pu envahir les rues de la capitale.

15.10.2007

ANECDOTES ET FOLKLORE - VAUX EN BEAUJOLAIS

Gambetta et son ballon montgolfière au Chatel

Je vous propose de l’écouter, de tout cœur, en toute joie, Leon Foillard ne fut pas seulement le « père du Beaujolais » il en fut aussi la voix, la grande voix truculente et poétique qui savait comme nulle autre raconter des histoires.
Vaux en Beaujolais, l’un de nos plus pimpants villages et aussi le plus étendu de la région…Son territoire tourmenté, mamelonné, allait depuis la crête des sapinières de la pyramide, à mille mètre d’altitude, jusqu’à la vallée ou court la Vauxonne parmi les vignes, vers le pont Mathivet, c'est-à-dire là ou commence le royaume du bon Claude 1er, cousin germain du roi Pusole. Depuis 1890, la séparation a fait de ce grand pays, deux tronçons couverts en principal de vieux ceps : Vaux et le Perreon.
Or donc, au début d’octobre 1870, Gambetta fut chargé par le gouvernement de la défense nationale d’aller organiser, en province, la résistance à l’envahisseur, et le 7 du mois, il prenait place dans la nacelle de « l’Armand Barbes » pour traverser les lignes Prussiennes qui encerclaient la capitale. L’annonce de ce départ héroïque, dans un ballon livré aux caprices des vents, causa une grande émotion à travers la France. Tous les bureaux de poste avaient reçu un télégramme transmis à l’autorité locale et ou étaient prescrites les mesures à prendre en cas d’atterrissage du ballon gouvernemental.
Aussi chaque province, dans chaque village, de jour et de nuit, on se mit à interroger, à l’œil nu et avec des lunettes d’approche, l’espace céleste environnant, avec la secrète espérance de voir passer et peut-être s’arrêter celui qui avait emporté dans son frêle esquif aérien le suprême espoir, la dernière carte de la patrie. Le 8 octobre au soir, de gros nuages chargés d’eau couraient, poussées par la « traverse » au-dessus du Beaujolais. Une pluie fine et froide tombait par intervalle. Les principaux habitants du bourg de Vaux s’étaient réunis au café-restaurant-hotel Saint-Martin, proche de la vieille église romane. Autour de M.Lapone, maître de céans et maire, on parlait de la tristesse des temps, on évoquait les enfants du pays partis aux armées. Et les pots qui se succédaient pourtant à un rythme accéléré, n’arrivaient pas à dérider les fronts, ni à dissiper l’inquiétude générale.
Tout à coup, le boulanger Berrerd, en tenue de travail, le « Fedo » maculé de pâte, la poitrine velue à moitié nue, entre en coup de vent et s’écrie :
Je craille bien que dzlai viu.
Et il explique avec volubilité qu’au milieu de nuages, une masse plus sombre, énorme, ronde, paraissait filer du coté du Chavel. Qu’avait-il aperçu, ou cru apercevoir ?
Chacun le devine : le célèbre ballon de Gambetta. On se précipite dehors pour inspecter le ciel, ou seules apparaissaient les formes changeantes des fuyantes nuées. Les avis se partagent sur la vision de Berrerd qui pourtant répète inlassablement pour mieux se convaincre lui même :
« Dze ve die que dzé lé viu. »
Au point que les plus sceptiques finissent par être ébranlés, et c’est dans cette fièvre qu’on attendra les nouvelles qui doivent les jours suivants, faire connaître la direction et le sort du ballon objet de toutes préoccupations. M.Lapone promit, avec toute l’autorité de sa fonction, d’aller aux renseignements le lendemain à la sous-préfecture de Villefranche. Il allait entrer sentencieusement dans des considérations sur l’aérostation, lorsque la femme du boucher fit irruption dans la salle du café en criant qu’on voyait un grand feu sur le Chavel. On se précipite dehors. Les habitants sont déjà rassemblés et se montrent une flamme au sommet du pic qui se dresse à deux ou trois kilomètres à l’ouest du village. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre : Gambetta et son ballon viennent d’atterrir au sommet du Chatel !
Le maire monte sur la terrasse et mettant ses deux mains en porte-voix, il lance, de toute la force de ses poumons, cette phrase historique :
Ne craignez rien, monsieur Gambetta , vous êtes en France !
On organise un groupe de premiers sauveteurs, dont le facteur et le garde-champêtre Carry qui ne blaguait pas avec le service. Ces deux représentants de l’administration se disputaient le commandement, chacun d’eux veut prendre la tête de l’expédition.
Le facteur affirme ses prérogatives :
« Lasso m’don passo devin pusque y est ma dze suis tsargia d’la directrice. »
Le brave facteur, voulait dire « la direction ». Il appuyait ses prétentions sur le télégramme officiel qu’avait reçu Mme Allégatière, l’aimable receveuse.
Le conseiller Salu, qui tient pour Carry rétorque :
« Si c’te directrice t’sargue tin mets la a bo. »
On se met toutefois en route.
Le cantonnier Chamarande qui habitait « de vers le bois », porte, avec les patrouilleurs, les provisions de bouche. Il est en outre armé d’un de ces superbes et immenses parapluies bleus d’autrefois sous lesquels pouvaient s’abriter une famille entière. Vêtus de leurs blouses et coiffés, pour la plupart, des anciens bonnets de coton noir, nos gaillards se dirigent, animés d’un ardeur invincible, vers le sommet ou Gambetta et son équipage attendent du secours.
Dans le village, c’est un remue-ménage général. Le marguillier tire sur sa corde à toute volée comme pour annoncer le retour des cloches de paques ; Partout, les ménagères préparent des repas pendant que les vignerons mettent le guille au meilleur tonneau et emplissent des bouteilles. L’hôtelière, en activant ses fourneaux, interroge anxieusement ses voisins.
Croyez-vous qu’il faudra lui faire payer son souper ?
Personne ne veut prendre la responsabilité de ce règlement. Elle n’en continue pas moins ses préparatifs, avec tos les soins et toute la diligence dont elle est capable. Le saloir, la basse-cour, sont mis à contribution. Un grand feu de bois flambe dans la cheminée de la chambre n° 1, ou les draps les plus fins, fleurant bon la racine d’iris, sont soumis à l’action calorique de la vieille bassinoire de cuivre.
De leur fenêtre, le curé et son vicaire suivent et commencent les événements ; ils se concertent sur le rôle délicat qu’ils auront à assurer. C’est que Gambetta a une réputation de parpaillot bien établie. Voudra –t-il seulement assister à la cérémonie d’actions de grâces, A l’audition du te deum que le sacristain est entrain de faire répéter aux enfants de cœur et aux enfants de Marie ?
Un autre s’avise tout à coup que l’effectif des pompiers de la commune était insuffisant pour représenter l’élément militaire. C’est alors qu’on pense à aller prévenir les fameux pompiers de Saint-Georges.
Le courrier Dumont attelle sa jument grise qui, ventre à terre, s’élance vers la plaine.
Il faut dire qu’à cette époque, la compagnie de Saint-Georges faisait l’admiration de tous les alentours. Elle ne comptait pas moins de cent vingt membres, tous gradés, y compris vingt musiciens. Avec le casque et le plumet, pas un ne mesurait moins de deux mètres. Chaque troisième dimanche du mois, ils faisaient un grand banquet, précédé d’un défilé impressionnant ? Nulle part, si ce n’est à Paris les jours de sortie de la garde impériale, on n’avait vu rassemblés autant de beaux hommes, aussi bien harnachés et bien astiqués. Les mauvaises langues prétendaient que la haute stature des habitants de la région datait surtout de l’occupation autrichienne.
Les sapeurs surtout étaient magnifiques avec leur grande hache de parade, leur immense bonnet à poil ou bonnet oursin, leurs gants de peau de crispin, leur « devant » de buffle blanc.
Malheureusement le courrier de Vaux ne put emporter qu’une promesse évasive. La discorde et l’indiscipline régnaient depuis quelques jours au sein de ce bataillon d’élite sur lequel un sort avait été jeté. Par une coïncidence fatale, ces braves pompiers étaient toujours retenus et empêchées le jour de la manœuvre des pompes. Ils n’arrivaient pas à se réunir au complet que pour le banquet mensuel. Le fait est relaté dans les délibérations du conseil municipal à qui le capitaine rend compte sur le ton le plus amer que cinq pompiers seulement participaient au dernier exercice. On avait même du aller les chercher à domicile et les amener de force. Tous les autres étaient absents et introuvables. Le courrier de Vaux pensa bien aux pompiers de Blacé.
Mais il renonça à ce projet. Il lui tardait de remonter à Vaux ou se préparaient de grandioses réceptions, en effet que cette dernière n’avait pas précisément brillé au point de vue du costume en 1869, à Lyon ; ou tous les pompiers du sud-est avaient été réunis pour la revue passée par l’impératrice Eugénie. Il était un peu inquiet sur la tenue de la compagnie blacéenne « qui certes était une belle femme ».L’uniforme des pompiers de Blacé était alors réduit au sabre, à la blouse et au ceinturon ? Par fierté pour leur village, les femmes décidèrent d’offrir à chacun de leur époux pompier, à l’occasion de la revue de l’impératrice, un superbe pantalon blanc. Une délégation vint acheter de la toile chez un tisserand de Marzé.
La malchance voulut d’abord que les mesures prises avec parcimonie et un peu trop de précipitation, fussent trop exigues. Pendant une semaine, telle des bretonnes travaillant nuit et jour à filer la rançon de Duguesclin, les braves épouses confectionnèrent avec un zèle fébrile les pantalons de leurs pompiers. Elles furent, à la vérité, mal récompensées de leur peine ; Comme un malheur n’arrive jamais seul, on s’aperçut, après le rinçage de ces belles culottes,déjà trop courtes et trop étroites, qu’elles s’étaient tellement rétrécies qu’elles ne pouvaient plus contenir les bedaines et les formes dodues des pompiers vignerons. On élargie le tour de ventre par des « poignards » plus ou moins invisibles, mais les jambes du pantalon, déjà réduites, n’arrivaient plus qu’à moitié du mollet . On partit tout de même à lyon. Ces sortes de pantalon culottes qui tenaient un peu du short et de la culotte corsaire actuelle, intriguèrent beaucoup les lyonnais et l’état-major qui accompagnait la belle Eugénie.
Mais cette histoire s’allonge. Il est temps qu’avec le courrier nous retournerions à Vaux ou les événements vont se précipiter. Les hardis pionniers, le garde Carry en tète, vont découvrir bientôt le sommet du Chatel. L’apparition du ballon et de ses glorieux pilotes est imminente. Quelques pas encore, à travers le taillis et l’on se présentera devant le grand tribun qui, par chance insigne, est descendu dans notre pays de vignes.
Hélas ! Jugez vous-mêmes de leur ahurissement et de leur déception : point de ballon ! Point de Gambetta ! Mais un vieux châtaignier qui se consume avec quelques flammes et beaucoup de fumée. Le garde rengaine son garde-à-vous et son salut qu’il préméditait depuis le départ et, faisant face à la situation, avec un esprit de décision digne d’un grand chef, ordonne de sortir les provisions qu’on étale sous le grand parapluie et qu’on dévore avec forces rasades. Au sixième pots, les deux antagonistes, le facteur et le garde se réconcilient en évoquant joyeusement les préparatifs et l’agitation d’en bas et la tète que feront les habitants lorsqu’ils sauront la vérité ; Mais il fallait songer au retour. Les sauveteurs qui appréhendent la réception qui leur sera faite filent directement chez eux par des chemins détournés. Seuls le garde et facteur, fidèles au devoir et enhardis par les pots de beaujolais, se rendent d’un pas ferme, bras dessus, bras dessous, sur la place de Vaux.
Aucun historiographe n’a malheureusement reproduit le dialogue épique qui s’est engagé à leur arrivée. Le maire expliqua, comme il le put, la méprise et la découverte qui avait été faite sur le Chatel et remettant au lendemain la recherche des responsabilités, envoya ses administrés se coucher, chacun avec sa chacune. Depuis les habitants de Vaux se sont consolés de leur déconvenue. N’avaient-ils pas, pour panser leur petite blessure d’amour-propre, l’admirable vin de 1870, qui au dire des anciens, a valu celui de 1811, l’année de la comète. Tout s’arrangea très bien. Les plus convaincus, les plus enthousiastes de la première heure, déclarèrent qu’ils n’avaient jamais rien vu et qu’il fallait être « bredin » pour supposer que Gambetta put débarquer sur le Chatel.
Comment expliquer l’emballement des ancêtres de nos amis de Vaux. Très facilement par un effet de mirage. En Provence, le mirage est provoqué dans les esprits par le soleil qui tape sur les crânes et électrise les cerveaux. Ici, c’est notre malicieux beaujolais qui, en dehors de ses vertus thérapeutiques universellement reconnues, échauffe parfois notre imagination et détermine chez les bons buveurs une sorte d’excitation euphorique et grégaire. Cette fièvre n’a aucun caractère de gravité. Elle est même bienfaisante si l’on a soin d’appliquer sans retard le traitement homéopathique qui consiste à boire le même vin beaujolais. L’homme avisé qui persiste à s’abreuver du sang de nos ceps retrouve rapidement le calme et la pondération qu’accompagnent toujours une vision saine, une sereine compréhension des gens et des choses.

L’appropriation du nom de Clochemerle, par Vaux-en-beaujolais

Le 11 juillet 1955 à l’inauguration de la route du Beaujolais, chaque village avait la charge de décorer à sa façon son parcours, ce que vaux fit avec soin, mettant en évidence le nom de Clochemerle, dont chaque lettre figurait sur un fond de tonneau, l’ensemble étant disposé le long d’une vigne au lieu-dit « Le plageret » afin d‘être visible bien visible. De plus, des banderoles et des panneaux humoristiques vantant Clochemerle étaient installés dans la rue principale du village.
Réaction imprévue, un certain M. Victor Perret, de Juliénas, faisant partie du cortège officiel, s’insurgea de cette présentation, se réservant par lettre d’utiliser personnellement cette dénomination et notifiant de poursuivre éventuellement en justice. C’est à partir de cet épisode que tout s’est réellement déclenché. La surprise passée, le conseil d’administration du syndicat agricole ne s’en trouva que plus affermie dans ses intentions et des décisions furent prises. Par l’intermédiaire d’un familier de Gabriel Chevallier, l’auteur reçut l’offre de donner son nom à la rue principale de Vaux. Acceptation de l’intéressé, démarches administratives, réunions multiples souvent autour d’une table bien garnie chez la Claudia ( actuelle Auberge de Clochemerle), d’où jaillit l’idée de la création d’un caveau de dégustation. Déjà ceux de Villié-Morgon, de Beaujeu, de Brouilly étaient fonctionnels ou en cours de réalisation.

Extrait d’un article paru dans Hebdo-St-Etienne du 24 avril 1965

Voici les faits, dans leur chronologie. En 1945, un ami de Gabriel Chevallier ; M. Perret, propriétaire à Juliénas demanda à l’homme de lettres la permission de baptiser son vin « Clochemerle ». Chevallier accepta et un contrat fut signé pour dix ans. Non renouvelée, la concession du titre passa ensuite à Vaux, reconnu depuis longtemps comme cadre du fameux roman. En 1960, la coopérative de Vaux constata avec stupeur que le titre de Clochemerle était toujours utilisé par Juliénas ; Elle vit rouge et c’est ainsi que Gabriel Chevallier se trouva poursuivi avec le premier concessionnaire de Juliénas.
Le tribunal de Villefranche avait admis, d’une part, la responsabilité de Gabriel Chevallier envers la coopérative et d’autre part, la responsabilité du vigneron de Juliénas envers le romancier. La cour d’appel a réformé ce jugement. Elle a débouté la coopérative de Vaux de son action injustifiée et mal fondée à l’encontre de gabriel Chevallier mais elle a condamné le vigneron de Juliénas à verser mille cinq cent francs de dommages et intérêts à Vaux.
A la coopérative, tout le monde est affirmatif : « nous avons raison, le titre est notre propriété, les papiers sont en règle. Juliénas avait tort. »
Pourquoi alors ce procès ?
« Il continuait à produire du Clochemerle alors que nous avons payé le titre très cher…Enfin nous avons gagné. Buvez un coup .. »
Vaux, Odenas, Charentay,Villié-Morgon,Romanèche-Thorins et voici Julénas.
Ici, c’est un autre son de Cloche. La famille de M. Perret qui vit dans une grande propriété « Le château des Capitans » est très étonnée et fort surprise de tout ce remue-ménage. « Nous n’y comprenons rien. Chevallier ne nous a jamais rien dit. Nous pensions que la reconduction était tacite étant les liens d’amitiés qui nous liaient. Un jour nous avons reçu du papier timbré. Jugez de notre émoi… Nous étions de bonne foi ».
Je pose la même question qu’à Vaux ; « C’est ici Clochemerle ? »
« Bien sur, Chevallier a souvent dîné à l’auberge qui est sur la place ; il s’est sûrement inspiré de Juliénas.. »
Qu’en penser ? Qui a raison ? Qui a tort ? Où est Clochemerle ? C’est bien difficile à dire car l’histoire est aussi trouble que le vin de l’année est clair.
Il faut dire qu’à l’époque les vignerons de Juliénas n’étaient pas du genre impressionnable. Le village était célèbre depuis que les journalistes du « Canard enchaîné » avait choisi Le Juliénas comme étalon or.

LES FETES A VAUX ( Photos à retouver dans l'album )

La vogue, la grande fête annuelle

1930 -Le bal de la vogue sur la terrasse du château

2004 - Le bal sur la place du caveau

Course de tracteurs Béné

2004 – présentation des vieux tracteurs lors de la fête annuelle

1931 – Les garçons de vogue

1928 – La course de vélos

1930 – Le tir à la bague

1930 – La course de chevaux

Vogue des années 1930

La fête des conscrits

Conscrits non datée (1920, 1930)

Conscrits année ?

La Fête des G.o.s.i.e.r.s.e.c
Cette fête a lieu le 1er dimanche de février à l’occasion des fêtes de la Saint-Vincent.
Ce jour a lieu l’intronisation des nouveaux amis.

Intronisations en 2004

12.10.2007

HISTOIRE ET GEOGRAPHIE de VAUX EN BEAUJOLAIS

Vaux et sa région

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Un paysage diapré de vignes et de bois
Un extrait d’un article de M.L.L ODIN
L’organisation des routes sur le territoire de la commune permet de découvrir avec facilité le charme étonnant et la variété des paysages.
Partez du lieu-dit La Tallebarde entre Blaceret et Saint-Etienne-des-Ouillières. Vous remontez alors le cours de la Valsonne bordé de prairies, de bosquets et de belles demeures. Au carrefour Vaux- Le Perreon prenez à gauche de plus en plus vous dominez la vallée. Vous croisez même le hameau de La Valla. La grande rue du bourg soudain vous enserre. Traversez en ligne droite, laissez vous conduire au gré des pentes et des cotes. Par zones alternées d’ombre et de soleil vous admirerez successivement des vignes rutilantes et des bois ombreux. Enfin ce sera l’émerveillement. Au dessus de votre ligne d’horizon une bastide provençale se découpera sur le ciel. Vous serez arrivé au Cruizon, au Parassoir à Saint-Cyr-Le-Chatoux et vous retournant vers le levant d’où vous êtes partis vous aurez sous les yeux un cirque naturel tapissé de vignobles, soignés comme un jardin à la française. De place en place, les habitants ont niché des hameaux groupés sur des sites privilégiés ? Vous reconnaîtrez Vaux à son clocher ? Et par delà, bien loin, la plaine, la Saône et l’Ain.
Si vous avez la chance, vous verrez scintiller la chaîne des Aloes dominée par le prestigieux Mont-blanc. Descendez alors par la route qui commence à l’angle de l’auberge. Vous retrouverez Vaux ; mais la fête ne sera pas finie. Changez de combe en utilisant le défilé du Perreon : Vous pourrez à nouveau vous élancer vers les cimes en empruntant le passage de La Creuse. En quelques instants, l’altitude varie de 200 à 850 mètres.

Le Perreon
La commune de Vaux fut divisée en deux en 1890. Il en résultat la création d’une nouvelle commune : Le Perreon.
Le dossier de demande de création d’une commune libre fut présenté au conseil général du Rhône en séance du 16 septembre 1889.
La séparation eut lieu le 17 novembre 1890.
La conséquence fut de ramener la superficie de Vaux à 1780 hectares au lieu de 3256 précédemment.
La commune de Vaux s’appela alors Vaux-en Beaujolais, alors qu’auparavant elle portait le nom de Vaux-sous-Montmelas ; ainsi qu’en témoigne près de l’église, une plaque indiquant le chemin d’intérêt communal n°62 avec la précision Lamure à 14 kms.

Les photos suivantes sont visibles sur l'album

Vaux - Vue générale en 1908

Vaux – Vue générale à l’apparition de la couleur

Vaux en 1926 – Entrée est, la route du Perreon

Vaux – La route du bas ou nouvelle route (Date inconnue)

Vaux en 1937 – Entrée ouest, sous le château

Vaux en 1902 – La Grande Rue

Vaux en 1912 - A noter que là, on parle de la rue de l’église

Vaux en 1921 – La grande Rue, L’hôtel St-Martin
Aujourd’hui la salle des fêtes au dessus du Caveau

03.10.2007

VAUX EN BEAUJOLAIS et l'histoire

VAUX EN BEAUJOLAIS qui deviendra CLOCHEMERLE a déjà une longue histoire

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Il est rare que l’on puisse connaître par leurs noms et leurs liens de parenté quelques habitants d’un village à l’époque de l’an mil. Pour Vaux, on possède plusieurs renseignements grâce aux actes conservés par l’abbaye de Cluny (Saône et loire). La grande communauté bénédictine, semble, dès sa fondation, s’ètre fortement intéressée aux coteaux beaujolais. Des familles lui faisaient don de terre, de vignes, d’églises. A Limas, Salles, Saint-georges de Reneins, Fleurie, Vaux …etc.
Cluny rassemble ainsi des possessions organisées en doyennetés ou en prieurés. Dans son cartulaire, on relève fréquemment l’expression in villa vallis qui se traduit par Vaux. Il faut cependant faire attention au contexte car vaux et un toponyme courant.
Les deux extraits ci-dessous peuvent être attribués avec certitude à Vaux-en- beaujolais :
9 avril 1039 : Moi Arnulfus donne pour le repos de l’ame de mon épouse Simeldis…un curtil (terre cultivable) situé « in pago Lugdunensi » (diocèse de Lyon), bordé au midi par une eau courante appelée « Vosana » (Vauxonne)
Entre 1049 et 1109 :Moi Stéphanus mon épouse Adeleidis, notre fils Milo, son épouse Angeltrudis, nos petits enfants Stéphanus,Bérardus, fils de Milon, donnons ce qui est de nos héritages « episcopatu lugdunens » au lieu de Vals (Vaux) ou est l’église Saint-Martin.

Permanence des institutions ; La Valsonne court toujours au midi du village. Saint-Martin patronne toujours l’église de la paroisse. Le joli clocher roman porte toujours ses fenêtres ornées de fines colonnettes jumelées et les chats énigmatiques montent toujours la garde aux angles du vieux portail.

« Le sanctuaire et tabernacle du maître autel de l’église Saint-Martin avaient été nouvellement reconstruites par ses soins et dépens de son Eminence illustrissime et revendissime Monseigneur de Rochefoucauld cardinal archevèque de Rouen, primat de normandie, abbé chef supérieur et administrateur perpétuel de l’abbaye de tout ordre de Cluny, en cette dernière qualité décimateur de la paroisse de Vaux, ont été bénis avec l’archevéché de lyon, par le curé de Vaux, en présence de François Despiney, prètre vicaire au-dit Vaux, de sieur Antoine Durieu , sindic, Claude Métra, Claude Perreon, fils cadet,Claude Sotison, François Mailliard et d’autres… »

Ce texte montre bien la situation à la veille de la révolution. Vaux dépend toujours de Cluny, mais l’abbé n’est plus qu’un lointain personnage, pourvu de titres nombreux, qui comptent surtout pour lui par les bénéfices qu’ils rapportent ; Tout se passe en réalité entre les paroissiens. La réparation a été payée par l’argent des dîmes que l’abbaye collecte sur les récoltes. Ce sont les notables qui ont assisté les prêtres pour la conduite des travaux. Le jour de la bénédiction de l’autel rénové est une réjouissance à laquelle participent ceux qui ont été à la peine ; On retrouve avec intérêt, ainsi qu’on l’a déjà constaté pour d’autres villages beaujolais des noms de familles toujours représentées de nos jours, ainsi que des patronymes correspondant aux lieux-dits. La propriété viticole a maintenu les hommes au pays.


Monsieur Antoine Durieu, lointain parent de M. Ennemont Durieu, ancien président de la chambre de commerce de Villefranche, né en 1736, est qualifié de sindic, ce qui correspond à maire. En 1790, il le sera effectivement. Décédé en 1791, il sera remplacé l’année suivante par son gendre Claude Perreon, Perreon comme Le Perreon. Claude Sotison comme le hameau de Sotison.
M. Antoine Durieu ayant hérité de la famille Chamarande, habitait …Chamarande.

Dans un aveu et dénombrement de la seigneurie de Montmélas qui en détaille minutieusement les limites, on peut lire ces termes pour des confins : La justice du mas de Vaux.
Dans le langage ancien, le mot mas désigne un hameau, une unité résidentielle.
La seigneurie de Vaux prit donc naissance, non pas à partir d’un castrum, comme Anse, Montmelas ou Beaujeu, mais en s’appuyant sur un mas et cela par partage avec les seigneuries voisines.

1266 :
Milon de Vaux, doyen de l’église de Lyon, acquiert de Jean de Saint-Sorlin une portion de justice. Saint-Sorlin voisinait avec Montmelas ? On dit encore « Montmelas-Saint-Sorlin » ; La réunion date de 1569.

1308 :
Milon..échange avec Guichard de Beaujeu la juridiction de Vaux contre la partie d’un péage levé à Belleville que possédait ledit Milon.
La répétition du prénom « Milon » depuis le XIème siècle jusqu’au XIVeme incline à voir le prolongement d’une lignée solidement implantée.
Les souvenirs du Mas de Vaux se retrouvent dans le vieux bourg perché au-dessus de l’église.
La seigneurie de Vaux, d’abord vassale des sires et barons de Beaujeu, dut conquérir une relative autonomie lorsque le roi Francois 1er, préssé par des besoins d’argent, chargea le cardinal de Tournon de procéder à la vente des revenus du beaujolais confisqués sur le dernier duc de Bourbon accusé de félonie.
Au XVIIe siècle, sans hésitation, on mentionne les barons et la baronnie de Vaux. Puis tous droits féodaux abolis, après la révolution de 1789, on voit renaître des barons et une baronnie dite, cette fois, de Vauxonne. La commune, créée en 1790, se modèlera sur la vaste paroisse, siège de baronnie, supérieur à la moyenne. Il faudra attendre 1890, la troisiéme république et la disparition totale des barons, pour qu’une rectification donne naissance à la municipalité du Perreon . Vaux se retrouva avec 1784 hectares.

Les justices ne coïncidaient pas très exactement avec les paroisses ; Vaux débordait en partie sur Saint-Cyr-Le-Chatoux pour la justice mis, du pont de vue religieux, Saint-Cyr était annexe de Vaux. Le hameau des Chardons, paroisse de Vaux, était de justice de Montmelas et le Fageolet était une enclave de Vaux sur Montmelas. Ces complexités de bornage donnaient lieu à des plantations de témoins-repaires sous forme de pierres plus ou moins ornées des blasons de seigneurs intéressés.

« …un pilori ou borne de pierre étant dans le dit bourg de Saint-Cyr, faisait séparation de la présente juridiction (Montmelas) avec celle du seigneur marquis de Rochebonne (Oing) et celle du dit Vaux… »
Le seigneur marquis de Rochebonne n’avait en réalité sur Saint-cyr qu’un seul habitant ? Il n’en revendiquait pas moins son titre de « seigneur de Saint-Cyr » ? Celui de montmelas grignotait sur Vaux et s’intitulait pour cette raison « seigneur de vaux », et naturellement celui de Vaux annexait Saint-cyr .
Compte tenu de ces subtilités, quels furent les seigneurs de Vaux, en quelque sorte à part entière ?
Pour le XVe siècle, on est mal informé. Au XVIe, on commence à trouver des mentions :

1534 :
Pour la convocation du ban, ou service militaire, on note : le Général des finances de Bretagne.


1544 :
Francois de Saint-priest en Dauphiné a acheté la seigneurie.

1555 :
La dame de Vaux, sans doute, Isabeau Alleman, veuve de Francois de Saint- Priest (Richard, seigneur de Saint-Priest).

1657 :
Jean-Baptiste Gueston, conseiller au présidial, écuyer, porte le titre de baron de Vaux.
1669 :
Anne de Rouvière, dame et baronne de Vaux.

1683 :
Barthelemy-Francois d’honnoraty, écuyer, seigneur et baron de Vaux, Janzé et autres places.

1697 :
Jean-Francois de Giry, écuyer, baron et seigneur de Vaux et de Saint-Cyr, conseiller, secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances. Son épouse se nommait Antoinette Jaquier de Cornillon.
Les Giry était originaires du Forez. L’un d’eux, l’abbé Odet de Giry de Vaux fut élu membre de l’Académie française, sans cependant avoir laissé d’œuvre connue.

17 septembre 1749 :
Jean carra, écuyer, directeur de la monnaie de Lyon, achète Vaux aux enchères.
24 mars 1792 :
Pierre Carra, de Vaux, vendit son domaine à MM. Sain-Rousset et Saint-Mannevieux, frères.
La famille Carra de Vaux, fut de tout premier plan et cela sous plusieurs régimes.
Jean Carra et son épouse Marie Régnie eurent trois fils qui embrassèrent la carrière des armes à une période ou le métier n’était pas de tout repos.
L’aîné, Pierre-Benoit, né en 1975, chevalier, fut d’abord capitaine au régiment d’Orléans, infanterie. Son mariage le rapprocha de la famille d’Orléans, en effet il épousa le 16 janvier 1788, Césarine des Roys, fille de Jean-Louis des Roys, écuyer, ancien intendant des finances du duc d’Orléans et de Marie Gavault, sous gouvernante des enfants de la maison d’Orleans. Césarine avait joué, dans son enfance, avec le troisième fils de Philippe-Egalité, le petit comte de Beaujolais. La protection de la famille d’Orleans avait valu à Césarine et à une de ses sœurs, Alix, d’être admises comme Chanoinesses-comtesses dès l’age de 14 ans au chapitre de Salles-en- Beaujolais.
Le séjour des deux jeunes adolescentes se termina par un mariage. Césarine avec le fils du baron de Vaux et Alix avec le chevalier de Lamartine, de cette union devait naître le célèbre poète.
Le bonheur du ménage Pierre-Benoit Césarine fut de courte durée. Très vite les troubles révolutionnaires vinrent inquiéter les riches propriétaires qu’ils étaient. Outre à Vaux , ils résidaient à Lyon et aux Hais à Dardilly. Entre la crainte des émeutiers, les règlements de famille et la dévaluation des assignats, M. de Vaux se retrouva ruiné, ayant perdu 80000 livres à Vaux et 40000 à Dardilly.
Toute la famille se replia à Nice, attirée par les Clary. On connaît l’importance des Clary auprès de Bonaparte. Le baron de Vaux ne perdait pas trop au change, l’étoile de ses nouveaux amis allant s’élever au firmament. Le futur cardinal Fesch, oncle du futur empereur, baptisa l’un des enfants de Césarine.
Le second fils de Jean-Carra, Jean-Francois (1756- 1844) devint le général Carra-Saint-Cyr. Il prit une part à la bataille de Marengo en défendant la position de Castel-Celorio. Pour cette raison, son nom figure sur l’arc de triomphe.
Le troisième fils, Claude (1760-1843) portait le nom de Carra-Rochemeure. Il voulut d’abord émigrer puis partit pour l’armée d’Italie avec le bataillon de la garde nationale de Saint-Didier-au-Montd’or et enfin, comme ses frères, gagna la ville de Nice.
Jean Carra avait deux filles : Mme des Henrys et Mme de Lemau de Tancé.
A la veille de la révolution, Mme Veuve Jean Carra habitait avec sa fille, Mme des Henrys, séparée de son mari, le château de Vaux, « tout meublé avec les jardins ».
Par la suite les Carra de Vaux se retrouvèrent à Rieux, près de Montmirail (Marne), sur les terres de M.des Roys. On peut encore voir leur tombeau de famille au cimetière.
Le berceau de la famille Sain se trouve au Bois-D’oingt ou plusieurs de ses membres furent chirurgiens. La dispersion fit essaimer des avocats, des fabricants d’étoffes et même un maire de Lyon. Le 29 octobre 1754, Claude Antoine Sain, bourgeois du Bois-D’oingt, chevalier de Saint- Louis, chirurgien des armées du roi, épousa Madeleine-Fleurie d’Arod, fille de Benoit d’Arod, chevalier, seigneur de Pierrefiland et de Benoit Vernay.
Pierrefiland est situé sur Rivolet et la famille d’Arod fut pendant plusieurs siècles seigneur de Montmelas.
Du 29 novembre 1799 au 25 septembre 1805, M. Sain-Rousset est maire de lyon. En 1813, il reçoit de l’empereur Napoléon 1er, le titre de Baron de Vauxonne. Une décision du tribunal civil du 3 août 1830 autorise André-Paul Sain Rousset à ajouter à son nom « de Vauxonne ».
André –Paul Sain, surnommé Rousset par suite de son mariage avec Antoinette Rousset, eut trois fils : Albin-Fortuné-Pierre-Paul, né à Lyon en 1792, capitaine du génie, maire de Vaux, Jules-Pierre-auguste, docteur en médecine à Lyon. Emile-Jean-André Lufrote, procureur du roi à Villefranche. Le premier sous-préfet de Villefranche était de la même famille : Claude-Antoine Sain.
Au fond du cimetière de Vaux s’élève une chapelle. Ce n’est pas un monument funéraire, c’est simplement un témoignage de reconnaissance édifié par les habitants de Vaux à un de leurs édiles. La chose n’est pas courante et mérite qu’on rapporte intégralement la dédicace :
« A M. Albin de Vauxonne, capitaine de génie, maire de la commune de Vaux, restaurateur de sa vicinalité, né le 1er mai 1798, décédé le 22 février 1851. Ce monument a été élevé spontanément par les habitants de la commune de Vaux, en témoignage de reconnaissance et comme l’expression des regrets universels que sa mort prématurée a laissé dans le pays et toutes les classes de la population. »


Les biens de la famille de Vauxonne étaient très étendus sur Vaux et le Perreon. Ils comprenaient les deux châteaux ; La vente amena la dislocation du patrimoine.
M. Laposse acquit le château de Vaux transmis à ses descendants MM. De Vermont.

Le château de Vaux, de très grandes dimensions, marqué par de solides pilastres engagés et un fronton triangulaire a du être construit par Jean Carra et consolidé par M. de Vauxonne. A l’arrière subsistent encore les vestiges d’un édifice plus ancien, en particulier une porte ogivale qui donne accès à une tourelle emmurée. Faut-il y voir une survivance d’une maison de Cluny ? Le doyenné de Limas, « un vieux château ruiné » fut vendu en 1575 . Vaux qui en dépendait subit-il le même sort ? Par la suite, on confia la gestion des revenus au prieuré de Montberthoud à Savigneux dans l’Ain.

En 2002 le château fut vendu par la famille de Vermont à un promoteur immobilier.Il est aujourd’hui transformé en appartements.

Du XIII ème siècle, il reste le clocher et la porte de l’église.

Pendant la révolution, les cloches de l’église seront fondues pour en faire des canons. Il ne s’agit pas d’un calembour même si la première vigne fut plantée à Vaux en l’an 1000, au hameau de Pontmain, par les moines de Cluny.

Lors du siége de Paris en 1870, les républicains de Vaux se précisent au secours de Gambette dont le ballon montgolfière aurait atterri au Chatel.
Il s’agissait en réalité d’un canular.

Le 17 novembre 1890, eut lieu la séparation de Vaux et du Perreon, qui auparavant formaient une seule commune, ce qui ramena la superficie totale de 3257 hectares à 1780 pour Vaux.
La population forte de plus de 2000 habitants en 1850 est tombée aujourd’hui à 690.

Dans l’histoire plus récente, en 1941, Vaux eut droit à la visite du général Pétain, alors président de la république d’une France occupée.

L’inauguration de la Rue Gabriel Chevallier
L’inauguration eut lieu le 28 octobre 1956 après que l’idée fusse adoptée par le conseil municipal le 2 septembre.

Le caveau de Clochemerle
Il fut inauguré en grande pompe le 28 octobre 1956.

La coopérative des vignerons de Clochemerle
Elle fut créée le 16 mai 1960 et ne groupait que des vignerons du terroir, ne vendant que des vins sélectionnés.

La confrérie des G.O.S.I.E.R.S.E.C
Cette confrérie porte bien haut, la notoriété des beaujolais et de Clochemerle. Elle fut créée en 1961.

Nous connaissons les commerces et artisans présents à Vaux en 1962 ; En effet les Gosiersec procédèrent à la repose d’enseignes « vieux style d’antan » le 4 février 1962.
Ces enseignes furent confectionnées par M.Bourgeon serrurier à Blaceret.
Cette cérémonie en grande pompe se déroula en présence de nombreuses personnalités.

Voici les enseignes :
Georges Mingret : Marchand de vin
Claude Descroix : Plâtrier
Claudia Dugelay : Auberge de Clochemerle
Jean Ballandras : Marchand de vin
Henri Desarmenien : Maçon
Caveau de Clochemerle
Gaspard Braillon : Maire, Président de la coopérative des vignerons
Madame Braillon : Coiffure pour dames
Paul Braillon : Boulanger-pâtissier
Claude Depardon ( La Toinette) : Dépositaire de journaux et vigneronne
Marie Deverchère « La Marie Bererd » : Café-tabac
Jeanne Reynard : Epicerie
Charles Dugelay : Boucherie-charcuterie
Marcel Cellier : Le bouif
Raymond Noel : Boucher
Coopérative des vignerons

Dans les années 70, Vaux demanda à prendre officiellement le nom de Clochemerle mais la veuve de Gabriel Chevallier s’y opposa et le conseil d’état rejeta la requête.

1983 : Inauguration de la pissotière que l’on pourrait qualifier de 3ème, par ordre chronologique (Voir l’histoire de la célèbre pissotière)

En 1991 Pascal Delaye créé un musée de la vigne dans un local, place du caveau.

En 1992 le musée est repris par l’association « Les amis de Clochemerle et Gabriel Chevallier »

A l’initiative de Raymond Philibert, maire de Vaux, la communauté de communes décide dans le cadre de la création des pôles touristico-vinicole, d’ouvrir le musée « Gabriel Chevallier ».
En 2004 les travaux commencent dans le prolongement du bâtiment occupé par le Caveau, sous la salle des fêtes.
Le bâtiment abritant le musée de la vigne est racheté dans le même temps par la communauté de commune, afin d’abriter le point d’accueil du nouveau pole touristique ;
Faute de bâtiment pouvant l’accueillir, le musée de la vigne est fermé.

Dans ce projet touristique la place du caveau fut entièrement remodelée et la pissotière n°3 remplacée par la
n°4.

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